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 Escape. [Aesther]

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MessageSujet: Escape. [Aesther]   Mar 15 Juin - 19:14

    Il émerge de sa léthargie, abandonnant ses nuits sans rêves pour s'adonner à un éveil onirique. Il ignore ce qui fut un long sommeil sans vie et sans souffle, et il ignore tout autant le réveil, hors de son corps et de sa conscience. Ses yeux bruns sont grand ouverts. Les prunelles figées se noient dans l'immensité de la voûte céleste, s'abreuvent inlassablement de ce bleu fou qu'elles auraient du ne jamais plus contempler. L'air se pare de mille sonorités claires et chantantes qui le plongent dans un état à demi-conscient. Il ne pense pas, immuablement voué au culte du ciel, il est juste comme une statue de marbre, creux et vide en son sein. Des minutes et des heures, des jours s'écoulent, en fait il n'en sait rien; si ce n'est que la couleur du ciel est immarcescible, toile azur et increvable.

    Son dos est plaqué contre l'herbe, celle-ci flétrie par le manque d'oxygène sous son poids. Là, sa torpeur si essentielle aux nombreuses années qui l'attendent et le guettent, prend finalement fin. Peu à peu, sa rétine se décrispe, sa langue se délie, ses pupilles se démusèlent. L'esprit reprend sa place initiale, se rattachant au corps et à l'âme. Il roule alors avec lenteur et souplesse sur le côté, s'arrachant à l'éternelle vision qui régissait son être. Son regard rencontre des couleurs inouïes dont il avait presque oublié la saveur; son odorat se heurte à des fragrances subtiles dont il n'avait plus souvenir. Ses membres robustes le soulèvent enfin de la terre meuble.
    Sa pensée afflue de nouveau dans sa tête et y fait couler ses ruisseaux; et cependant son esprit demeure insondable. Ses yeux, ses yeux brillent et miroitent d'un éclat autre que celui du soleil.
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Decency
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Mer 16 Juin - 15:41

    no brain for old chains.

    Son cœur penchait négligemment dans le vent qui ne semblait que l'effleurer. Ses yeux pleuraient de liberté et son corps ondulait dans l’éclat du soleil. Bien que l'air soit frais, au fond, la lumière tapait sur sa robe dorée. Elle allait d’un grand pas et longeait lascivement le grand mur de bambous. Son allure s’intégrait à l’excès dans le paysage alentour. Un élément de décor, pensa-t-elle en souriant de ce petit sourire en coin qui les caractérisaient son père et elle. Son humeur voletait d’une herbe à une autre et elle décida soudainement de se dégager du chemin qu’elle suivait depuis une heure déjà. Elle entame la descente du vallon de ses pieds sûrs, et sans écarts. Ses pas allaient droits et ses oreilles fixes suivaient observait l’étendue verdoyante. Une ombre fixe et luisante était étendue sur l’herbe grasse, néanmoins l’odeur semblait saine. Aesther suivit ce point avec attention. Sa démarche gracieuse se poursuivit donc au large du versant opposé, l’œil clair. Au fur et à mesure de la distance qui rapprochait les deux équidés, Aesther vit le point bouger et se lever brusquement. Elle ronfla des naseaux et quand la silhouette se fit plus nette se figea.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Jeu 17 Juin - 19:08

    Festina Lente.


    Survint alors la toute première rencontre qui inaugurerait son entrée en matière en ce corps et en ce monde. Peut-être conditionnerait-elle sa vie; peut-être n'aurait-elle aucun impact d'aucune sorte sur son état d'esprit indéfinissable et alambiqué, mais pourtant déjà solide. Svelte ombre dans l'immense faisceau lumineux, la silhouette claire descendait le versant opposé. Pour lui qui ne savait encore rien de ce qui s'étendait toujours plus loin en-dehors de cette cuvette, elle paraissait descendre de nulle part, peut-être même du ciel. Aussi irréelle que vraie, sa démarche élégante était incroyablement sûre, reluisant de ce mystère féminin qui faisait la solide grâce des femmes belles et simples. Elle s'arrêta, douce et muette, à plusieurs mètres de lui. Ses cheveux d'or poursuivaient encore leur course dans les inlassables remous de l'air moite. De nombreuses minutes, sûrement, s'écoulèrent; tandis qu'il observait l'inconnue sans expression notable. C'était comme si le temps se figeait sans cesse en cette vallée, et que, dans une réalité certaine, on basculait entre mièvres torpeurs et folles illusions.
    Finalement, il s'avança à son tour; le pas naturellement sûr et ample, délicieusement porté par ses membres robustes. Arrivé à sa hauteur, ses iris se teintèrent d'une sombre couleur miellée, son regard inquisiteur et énigmatique se porta chaudement sur la courbe de ses yeux noirs, il souffla doucement. Son cœur se balançait lentement dans sa poitrine, et ses pensées étaient follement impénétrables. Questions et réponses, dans sa tête, n'en étaient plus, mais constituaient seulement un amas d'idées, un seul bloc qui régissait tous ses actes. Increvable.
    C'était que, pendant les fraiches nuits qu'avait durée sa profonde léthargie, il s'était -inconsciemment ou non- tramé beaucoup de choses dans son esprit. Ses complexes mécanismes étaient déjà enclenchés, il était prêt.
    Il inclina légèrement sa tête brune, ses crins noirs glissant sur son poil lisse et cuivré. Sa voix mythique et poignante se fondit dans le décor, portée par la brise, et accompagnant dévotement son regard. Presque un murmure, une confidence.

    - Je suis un réfugié.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Sam 19 Juin - 14:56



    Le regard étrange et étranger que posa le mâle sur ses courbes là laissa coite. Elle savait ce qu'il était à défaut de savoir ce qu'il adviendrait de lui dans le futur. Sa propre destinée elle la sentait entre ses côtes, lourde et battante. Elle scruta le grand bai, réservée quant aux réactions de ce derniers. Certains, c'était un fait - réagissaient d'une manière si violente que la situation devenait dangereuse. Elle restait jusqu'à ce qu'ils se calment. Elle avait le temps et l'esprit ouvert, d'un profondeur vertigineuse. Elle sourit. Les pupilles du mâle encore dilatées soufflaient d'une étrange frustration, interrogatives et glissantes. Glissantes comme un mur de cristal, fermé. Un sentiment rentré, refusant à se laisser approcher par la conscience d'Aesther. Elle frémit doucement, ne cherchant pas à percer plus longtemps la vitre immuable. Il ne cachait pourtant pas ses délires intérieurs, ces rouages vifs et grinçant par le flot de pensées. A en rouiller. Une bourrasque souffla sur le dos de notre jument dorée, écrasant celle-ci près du sol et égosillant ses crins blonds. Elle n'avait rien à dire et cherchait une pensé à libérer fortuitement quand l'étalon parla. Un réfugié. Un Étranger, le fruit d'une autre vie, exaltée, qui arrivée à un paroxysme se dilatait vers des îles remplies de chevaux. Il ne savait rien, et Aesther se demanda comme fut-il possible que ses prunelles soient si calmes. Il ne faisait que constater l'évidence.

    Aesther sourit et un son sortit de sa gorge fraiche.
    - Vous n'êtes pas le seul, ni le premier ni même le dernier. Il semble que vous ayez à vous choisir un nom, je ne dirais pas d'après la tradition mais surement car il vous le faut penser une bonne fois pour toutes les autres où vous aurez à le prononcer. Un nom sur un visage, qu'il y corresponde ou pas.

    Elle s'arrêta quelques secondes et reprit, un sourire un bout des lèvres.
    - J'oubliais, je m'appelle Aesther.

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Dernière édition par Decency le Dim 20 Juin - 16:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Dim 20 Juin - 16:03

    Il sentit qu'après un brève période de réserve, elle se mit à chercher discrètement en lui; et il ressentait cela comme une caresse, n'en étant pas agressé. Elle sembla alors renoncer promptement, mais toujours aussi douce et patiente.

    Un rayon de lumière violente s'infiltra doucement dans ses yeux, dilatant ses pupilles. Ses paupières aux longs cils noirs s'abattirent sur ses prunelles, l'aveuglant momentanément. Sans bruit, il décala ses hanches et ses épaules puis souleva lentement ses paupières, serein; il posa à nouveau son regard chaud et abyssal sur elle. Leurs flancs respectifs se soulevaient au rythme régulier de la chaleur inhibante. Le grand bai avait l'étrange et juste impression qu'elle n'ignorait pas le pourquoi de sa présence ici, qu'elle savait en fait beaucoup de choses, et des choses sur lui. Dans un sens, elle savait ce qu'il ne savait pas, et lui gardait ce dont elle n'avait pas connaissance. Il ne fit aucun signe indiquant qu'il désirait échanger sur sa condition, conforme à sa sereine impassibilité. Impassible, il ne l'était pas, impénétrable, oui. Il donnait seulement de sa personne à travers une attitude langoureuse et mystérieuse.

    Elle souriait, souriait toujours, et il s'enquit secrètement de cette tendresse féminine qui émanait d'elle. Sa jolie silhouette blonde ébranlée par une bourrasque de vent, elle déversa un flot de paroles qu'il n'eut pas à juger mais qu'il ressentit comme raffinées. Elle était naturelle, aberrante et évidente à la fois. Le fait qu'il puisse communiquer en toute rationalité avec elle ne l'affecta pas, ici rien n'était plus pareil, elle était femme comme elle était jument, elle n'était rien, rien de connu, rien de prononçable, elle était une âme dans un corps. En son inconscient, des milliers d'engrenages s'enchaînèrent dans une ronde d'une infernale sérénité; encore une fois il n'en montra rien, sinon qu'il déversa sur elle les vagues de son regard cuivré, et parla presque d'œil à œil :

    - Jusqu'ici je m'en suis remis au hasard. Et bien Aesther, avant toute chose, donnez-moi donc un nom. Cette voix à la tonalité chaleureuse, légèrement brisée et romancée, que dit-elle de vrai ? Que traduit-elle de lui ? Ces paroles ne sont qu'une surface, une bulle d'eau sur la face miroitante d'un océan. Il engagea un mince sourire qui étira de la même façon le coin de ses lèvres.

    Il avait de nombreuse et avides idées en tête, néanmoins il ne fut trahi par aucun mouvement d'impatience. Il savourait cette lente ascension.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Dim 20 Juin - 17:33


    Il mit un temps infini à répondre. Aesther l'observant de surface, travaillait à mémoriser les traits du mâle qui lui faisait face sans orgueil. Il ne semblait ni perdu, ni posséder un quelconque but, debout, à faire miroiter sa robe encore sans poussière sous l'astre solaire. D'indécelables pommelures parachevaient le tout, au loin d'un crin peu fourni et non-égale. Son œil n'était pas froid - loin de là - mais exaltait toujours de se sentiment de rejet à l'intrusion. L'attention glissait toujours, sans succès contre le marbre jais magnifique. Son sourire s'élargit, sans même une pointe d'effarement désobligé, ni concupiscence mal-placée comme elle en rencontrait souvent. Cependant au détour d'un courbe qu'elle prenait soin d'enregistrer, elle remarqua, là, près du haut de la jugulaire et à demie dissimulée sous les crins, une fine - et inégale - marque qui recevait la lumière d'une façon incertaine. Elle n'aurait pu deviner l'objet de malheur qui eut été en pouvoir d'un telle blessure. Elle s'insurgea intérieurement et avec frustration contre la chose qui avait touché à cette presque perfection de physionomie. Elle souffla avec peine puis se concentra sur les paroles de l'étranger.

    Hasard ? Peu de hasard dans tout ces simagrées et ces êtres in calculés qui atterrissaient sur leurs îles. Elle eu un petit rire amusé, la conversation prenait un tour original. Mais son esprit était vide et peu d'idées semblaient vouloir se bousculer et la déranger dans son entretient dégagé avec le brun. L'exception fait la règle. Vieilles maximes embrumées qui voulaient faire de l'humour. Il fallait qu'elle réponde, même si le temps semblait être propices aux rêvasseries. Elle leva la tête vers le ciel imparfaits d'êtres cotonneux et cligna des yeux. La lumière l'éblouit et des tâches dansèrent devant ses yeux, n'aidant en aucun point à la réflexion. Elle s'autorisa un second temps de réflexion pendant qu'elle répondait.

    - S'en remettre au hasard c'est presque perdre sa vie. Bien que d'autres survivent encore. Bien que les noms aient souvent peu avoir avec le contenue émotionnel des êtres qui les portent j'aime les sonorités appropriées, les voyelles du temps et les consonnes chantantes et abruptes. Vous aimes les mots, monsieur l'inconnu ? Une idée viendra peut-être à germer de votre esprit, je vous en tiendrai compte.

    Ainsi dit-elle, sans se déparer de son petit sourire mi amusée, mi sérieux. Pas de candeur dans son ton, elle abhorrait la condescendance.


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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Lun 21 Juin - 19:33

    La résonnance discordante du vent coulait limpide entre ses oreilles, il buvait cet air frais qu'enrobait la clarté solaire, il s'abreuvait secrètement de ce que sa compagne blonde offrait en spectacle; rires et sourires. Elle était insouciante, solidement posée sur l'herbe froissée, les pupilles claires et rêveuses, l'air ailleurs et ici et pourtant fraîchement enracinée dans ce sol qui l'avait vue naître. Le mâle bai l'observait en coin tandis qu'elle songeait vaguement au ciel et aux pelottes de nuages qui s'y déroulaient en ouate fragile; lui non plus ne reniait guère ce sourire qui avait éclos au bout de ses lèvres. Un instant il la quitta des yeux et les leva vers le dôme céleste dans l'espoir stérile d'y voir la même chose qu'elle; la brise lui transbahuta les arômes florals qui couvaient dans sa chevelure soyeuse. Alors qu'il jouissait décemment de ce visage de porcelaine sauvage, l'esprit placide et imperturbable, un élancement sourd abusa ses côtes, remonta en picotant la pente de son encolure et vint s'enrouler vicieusement au-dessous de sa jugulaire. Ses yeux se firent incandescents, il ne savait à quoi attribuer ce mal, il en fut intimement troublé.
    Son esprit était en crue et déborda furieusement dans sa tête, tandis qu'il essayait d'étancher ce tourment avec la vue ondoyante des crins dorés que s'accaparait l'air. Il y parvint, et rien de toutes les pensées qui avaient afflué à son cerveau ne put le trahir, pour lui-même c'était encore trop profond, trop flou.

    Elle répondit avec une comique perspicacité, donnant à l'échange le ton d'un détachement burlesque et par la même occasion se montrant toute digne. Il la pénétra doucement avec la chaude quiétude de son regard; ses prunelles brillaient d'un éclat d'une intensité raisonnée. Il apporta une réponse volontaire et peu cohérente avec sa propre situation, qu'il n'avait d'ailleurs pas encore évoquée lui-même, jouant le jeu sempiternel qui conditionnerait à présent son existence.

    - J'aime les mots et la poésie qui se bâtissent sur l'air du vent, mais il y en a trop peu en moi pour l'exprimer, je les préfère entendre d'une bouche plus délicate et plus apte à me ravir. Mais soit, vous semblez donc tenir à ce que j'en choisisse un moi-même. Si le hasard vous paraît déplaisant, accordez-moi quelques jours et revoyons-nous, je pourrais ainsi me présenter convenablement. C'était la première fois qu'il parlait tant, et pourtant les paroles avaient coulé à sa bouche comme de la sève et s'étaient fondues fluidement dans l'air, ni vraies ni fausses, empreintes seules du ton léger qu'Aesther avait proféré à leur échange singulier. Il inclina un peu la tête, sourit, immuablement incernable.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Mer 23 Juin - 13:28


    Le filtre de sa conscience prit l'élégant partit de se déchirer et un flot de pensées se déversa dans la gorge d'Aesther. Un tourbillon affolant de lumières et toboggans d'invraisemblance. Elle partit alors, tout droite dans cette vague et prenant une large de goulée d'air s'infiltra dans la vague mono chromes de son esprit. Son sourire se perdit dans l'immensité de ses paupières closes, ses naseaux éventrés et rosés se dilatèrent avec délice et elle sombra. Sa queue qui fouettait l'air auparavant pour se rafraichir retomba le long de ses postérieurs effilés. Elle sentit. L'air chaud et puissance de la Nature qui l'entourait et celle masculine et provocante du mâle au nom introuvable. Les rayons émoussés du soleil sur sa robe dorée, les vagues points de couleur qui clignotaient sans fins, lents et démesurés sur ses yeux clos. Le zéphyr entre ses jambes musclés et campées dans la terre qui l'avait vue naître. Elle n'entendait plus rien, que le doux gazouillis des oiseaux, le bruissement des nuages et de l'herbe dans le vent, le souffle marqué et régulier de son compagnon de hasard, et son propre pouls, indécis et lent. Systoles infernales qui battaient à ses tempes. Elle s'offrait au monde et son rire délicat et d'une fraicheur attendue emplit l'atmosphère. Son encolure s'étendit et elle s'ébroua sans hâte. Ses yeux vairons s'ouvrirent sur la poésie du monde. Le bleu froid et profond perdit sans doute son interlocuteur et elle se demanda, si par la plus immense des coïncidence le brun ferait son travail de racine bienveillant. Son humour lui imposa un petit sourire amusé sur les lèvres.

    Mais l'objectif du moment était de lui trouver un nom qui le ferait plus unique encore aux yeux du reste. L'individu dans toute sa splendeur, accroché à l'univers et à la Création parce qu'il était reconnu par ses semblables. Ces questions sociologiques importaient plus que la Poésie. Les mots n'ont jamais nourri personne, à son grand déplaisir.

    - L'inspiration est toujours là, si vous la laisser s'envoler en prétextant la dénicher vous risquez de vous fourvoyer. Laissons là ces délais inutiles et jouons avec ses sonorités qui nous obsèdent.

    Elle se rapprocha de sorte que la distance qui les séparait ne soit réduite qu'à une trentaine de centimètres.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Mer 23 Juin - 20:49

    Si l'honneur est la dernière richesse du pauvre,
    La poésie est le dernier recours de l'amant déchu, dans son désespoir le plus fou.



    Elle sembla entrer dans une transe religieusement immobile et muette. Son joli corps se fondit dans le courant frais de ses crins dorés et elle goûta avec tendresse à la Nature, s'abandonnant aux sons merveilleux et aux sensations puériles mais amicales que lui offrait le monde, tout comme elle s'offrait à lui. Le mâle n'en tira pas profit d'avantage, sinon qu'il la guetta de son oeil chaud et enveloppant, avalant toute cette sensualité chimérique qui le traversait en même temps que le vent et que les rayons du soleil. A quoi pensait-elle seulement.

    Le dialogue semblait s'être arraché du sol, qui avait si longtemps pompé les discours dévorés par la détresse de ceux qui s'étaient déjà réveillés ici, et s'était insidieusement glissé dans les comportements de nos deux protagonistes, prenant le ton futile et frivole que lui conférait les poussées irrégulières du vent. Bourrasques qui ne s'assouvissaient que dans la chevelure parfumée d'Aesther, pour mieux battre ensuite contre les flancs ronds du mâle brun. Cette blonde voluptueuse semblait avoir en tête de nombreuses conceptions sur tout, et il jugea inutile et trop laborieux de la contredire, d'autant plus qu'il n'aurait fait que lui mentir. Il préférait se laisser guider par les tons qu'elle employait et les conduites qu'elle dictait, laissant la fausse impression d'être convaincu par ses mots l'envahir et maintenir sa cabalistique sérénité.

    Elle parlait, insouciante, de jeu et d'obsession, comme une jeune et chaste religieuse aurait put le faire, dans sa grande et naïve bonté, et ces mots auraient pris un tout autre pouvoir et une toute autre entente dans les oreilles d'un autre. Cette pensée extraordinairement futile et passagère, sans intérêt certain, ajouta un coin de sourire additionnel au grand bai; bien que cette blonde-là ne soit pas cette religieuse. Enfin, elle avait parlé et délicieusement détourné l'invitation grotesque et comique qu'il lui avait faite; et se faisant s'était avancée, réduisantt inexorablement l'espace qui les séparait, inestimable tant il était abstrait. Leur souffles se manquèrent de peu.
    Il souriait toujours et n'exprima rien de notable, sinon que ses prunelles incandescentes suivirent le mouvement avenant d'Aesther dans ses yeux-mêmes. Ses iris brillèrent un peu plus encore tandis qu'il inclinait imperceptiblement la tête, imperturbable. Et subitement, il le lâcha, l'objet de toute cette conversation dérisoire, avec un détachement finement amusé.

    - Lightchev Iskander. Voilà tout ce avec quoi j'aurai joué. Et par la même occasion, il se défaisait de ce pronom 'nous' qu'elle avait glissé dans ses phrases, inconsciemment ou non.

    Jamais encore son regard ne s'était fait si intensément mystérieux et alambiqué tandis qu'il le plongeait dans les belles prunelles de son interlocutrice.; il recula d'un pas fluide, rétablissant la distance qu'elle avait abolie, non sans ce sourire qui lui restait collé aux lèvres. En réalité, tout cela n'avait été que mensonge. Un doux mensonge. Un mensonge au service d'une tendre et comique dérision. Là, il rajouta de sa voix chaude, un peu cassée, un peu poignante, la pupille brillante.

    - Le motif importe peu, nous pourrons tout de même après ce jour nous revoir, n'est-ce pas Aesther ?
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Jeu 24 Juin - 14:32


    A entendre les paroles de l'inconnu, ses yeux se fermèrent sur le trou béant de ses pupilles dilatées. La soie rose de ses naseaux se pinça et son sourire s'évanouit emporté par un zéphyr lointain. La chaleur, au fur et à mesure de la montée paroxysmique de l'astre Solaire, devenait oppressante et l'encolure des deux chevaux était moite, collée par la sueur. L'atmosphère palpable créait comme un écran d'acier poli qui brulait l'herbe à leurs pieds distanciés. L'œil gris de la femelle se fit froid et pris la direction du brun, amusé et rempli d'un orgueil grinçant. Aesther barbota un instant au seuil de ses pensées et ses oreilles bourdonnèrent. Elle supposa un nombre infini de notion et se fit réflexion parmi les reflets. Se tenant coite, l'encolure haute mais le regard vide.

    C'est toujours le plus humble qui observèrent d'un œil cynique ses interlocuteurs. Elle n'avait pourtant pas l'air condescendant qui aurait pu vulgariser ses traits vers un sentiment de puissance sous-entendue. Ils semblent tous venir d'un ailleurs différent qui les frustrent et les offusquent. Ses belles paroles sont froides et pleine de suffisance. Il se sent au dessus du monde, ce monde dans le quel il n'est qu'un brin de vent, un souffle de rien. Une pièce interchangeable que le grand Cosmos est bien trop heureux d'écraser quand l'envie lui prend. Amuses gueules incessants et impertinents de la grande histoire du système. Elle hait son regard filandreux qui semble vouloir par des moins dérisoires supputer à la Nature ce qu'elle lui a offert. Elle regarde ses yeux espérant vainement atteindre quelque chose mais il est glissant et sa présence semble l'avilir. Quelques mots de moins et ils auraient pu poursuivre cette conversation vers un tout autre lieu, dans un tout autre chemin. Elle lui aurait montré les terres, les cascades de fleurs qui enivrent, les montagnes de vide qui percent l'âme aux tréfonds ou mieux encore ses compatriotes. Le peuple qui les supporte, qui les aime ou les haïssent et qu'ils semblent prendre de haut avec tant de commisération. Ces animaux qui ne pensent pas et mangent le sol sans même y penser.

    - Vos yeux ne m'interrogent plus, ils m'agacent et m'ennuient. Votre poésie ne vaut pas Celle de mes Pères. Vous n'êtes qu'un Étranger que vos yeux trahissent.

    Ces derniers mots lui échappèrent, doucereux et amères. Bruissement par les bruissement, murmure dans le vent. Secondes suspendues. Un ronflement agacé s'extirpa de ses poumons, et se retournant sans hâte, elle écrasa l'herbe jusqu'au ru qui courait non loin de là. Le feu de sa gorge s'éteint. Elle observa son reflet un instant.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Jeu 24 Juin - 20:03

    J'irai traîner dans les ruines que couveront tes hanches jusqu'à ce que la poussière m'y étouffe.


    L'air dense et lourd et la chaleur qui accâble les dos luisants imbibèrent le sol, la terre entière sous leurs pieds se gonfla de ce long silence qui pèse sur les âmes et qui retient sa respiration jusqu'à s'en asphyxier. Elle fermait les yeux. Ne souriait plus. Les rouvrait, pleins à présent de vide et de froid comme s'ils eurent observé un mur d'acier bringuebalant et grinçant de toute sa rouille suffocante. Lui n'avait rien affiché de plus que ce petit sourire se baladant sur ses lèvres, jamais sans ses yeux qui luisaient;toujours. Ses poumons expirèrent un long courant chaud qui se perdit comme une fumée blanche dans les remous venteux. En réalité, il ne s'était au fond guère attendu à une réaction différente, bien qu'elle suscita chez lui une sorte de consternation inexpliquée, suivie d'un semblant d'attendrissement. Là voilà, toute femme; frêle et forte, s'abandonnant à une rancune qui givrait ses précieuses prunelles, à un reniement dédaigneux qui arrondissait ses hanches, enfin une déception qui la mordait. Il fallait si peu. Si peu pour qu'elle le rejette, pour qu'elle se raisonne, qu'elle le catalogue, si peu pour qu'elle tourne le dos, et renonce. Voulait-elle qu'on lui dise qu'elle était belle ? Voulait-elle qu'on la prie courtoisement de faire route ensemble, qu'on l'implore de nous intégrer, pauvres naufragés, dans un monde qui était le sien, afin qu'elle sente s'accomplir ses besoins ? Ces pensées futiles, justes ou fausses, lui arrachèrent plus qu'un sourire.
    Elle vivait dans son petit monde, bien ancrée sur ce sol qui ne tanguait jamais, elle était assurée d'un passé et d'un avenir, le visage candide sous les nuages et le poitrail avenant, blonde et honorable enfant des civilisations qui peuplaient ce sol mille fois foulé depuis les origines, pour une incommensurable éternité encore. Elle était pleine de ressources, et pourtant encore si jeune, follement frâiche et naissante, elle nageait encore à l'amont de sa vie. Lui portait des années de plus dans son coeur, il y portait même déjà le frôlement de la mort. Il ne pouvait lui en vouloir, pour la pure et bonne raison qu'elle n'était pas à blâmer, et qu'elle était au final, dans sa dimension, délicate et valeureuse.

    Ces paroles si dures et portant le fardeau d'une colère peinée ne le touchèrent pas. Tout au plus, il sentit la voix ferme et amère frémir sur son poil brun. Elle s'était figée un moment, sur la berge d'un mince filet d'eau qui coulait entre les hautes herbes grasses et pimpantes. Etait-elle muée par un désir refoulé, celui de l'entendre la rejoindre et lui murmurer de sincères excuses ? Avait-elle le vague espoir que tout cela ne soit que frivolités infantiles ? Voulait-elle vraiment partir ? Lightchev Iskander, de son nom mûrement raisonné plusieurs heures auparavant, après un temps, s'approcha silencieusement d'elle. La quitter maintenant lui était purement impensable. Ses yeux s'arrondirent alors qu'il faisait leurs corps plus proches que jamais, et les muscles de sa croupe frolèrent le rebondissement de ses hanches pleines et palpitantes. Une infime caresse des crins dorés contre ses postérieurs.
    Il aurait pu lui dire tant de choses, tant et tellement que le soleil et la lune auraient exécuté leur ronde infernale de trop nombreuses fois pour qu'on puisse les compter. Il aurait pu lui parler de lui, de son histoire, de ses sentiments, de ses émotions. Mais cela aussi était impensable. Purement impensable.
    Il gonfla ses poumons d'air et ses veines saillèrent sous sa peau fine.

    - Aesther, que savez-vous de moi ? Demanda-t-il seulement d'abord, accordant au bruit de ruissellement de l'eau ondoyant sur la mousse et la roche le soin de porter ses mots, sur un ton doux et posé. Un temps. Êtes-vous donc venue uniquement parce que je suscitais chez vous un intérêt passager ? Au risque d'avoir tort, je l'imagine tout de même, je devrais être celui qui haït et qui pleure, celui que se noie dans une folle détresse que rien ni même la vue d'une si jolie silhouette ne console. Je suis un étranger pour vous et pour cette terre, et je devrais être l'âme qui meurt de sa solitude et de sa désespérante misère. Il n'aurait pu parler de façon plus paradoxale, et ce sourire qui accompagnait ses paroles amplifiaient l'ambiguïte de la chose. Et pourtant, reprit-il, vous m'abandonnez là à mon sort. Il oscillait aux limites d'un jeu dangereux. Ce ne sont pas des reproches que je vous fais là. Je vous demande de rester un peu de temps avec moi. Parlons encore de futilités si futiles qu'elles ont su vous frustrer. Jusque-là il n'avait regardé son interlocutrice que dans les yeux de son reflet, aussi releva-t-il lentement ses paupières. La courbe de ses yeux s'arrondit, il retrouva la forme de ceux d'Aesther qui lui devenaient familiers. Choisirait-elle de lui faire confiance ? Non, là n'était pas la question, il ne s'agissait pas de confiance, comment aurait-elle pu. Mais seulement, que voudrait-elle ?

    Trop absorbé par elle, il n'avait même pas encore jeté un coup d'oeil à son propre reflet, défair d'une curiosité qui ne lui venait pas, et n'avait donc pas distingué le fin collier noir qui balafrait sa nuque. Vestiges d'une vie lointaine, vestiges d'une douleur de rêve. Et ici tout était réel.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Ven 25 Juin - 16:36



    Elle perçut au loin le cisaillement de l'herbe sous le poids puissant du maintenant nommé, Lightchev Iskander. Ses paupières frémirent et essaya vainement d'arrêter de penser, craignant l'énervement qui lentement perçait au fond des fonds de son crâne. Ses douces et rondes pommelures brulaient l'œil avide sous le soleil criminel. Elle prit le partit de ne pas réagir sous la caresse de cet inconnu, - fait qu'il souligna lui-même. Il parlait à contre-sens et elle ricana sans bruit à son reflet, puis s'en détourna, les pensées fortement embrumées par l'insolation permanente. La terre semblait vouloir s'effondrer sous ses jambes, et l'engloutir. Elle pensa à cet enfouissement bienheureux, à la fraicheur des entrailles de la terre, à l'humidité moisissante et perçut la voix tempérée, et oh combien agaçant et grinçante à l'ouïe d'Aesther, du mâle brun. Il lui adressait la parole et sa condescendance détestable fut accueillie par un fouettement de queue subversif. Elle sentait sur sa peau transpirante et son poil mordoré la chaleur omniprésente de son regard, à la limite de la concupiscence mal-placée. Elle répondit à sa première question, un demi-sourire fade à ses lèvres chantantes.

    - Je n'ai que faire de vos histoires. Je n'aime pas l'ensemble des sentiments que vous transportez. Ce que vous dégagez me dérange. Vous n'êtes pas pathétique, et vous cachez sans doute votre malaise par des sous-entendus dérangeants.

    Elle apprécia le doux frottement fallacieux de l'eau entre les pierres et y mettant toute son attention posa gracieusement un antérieur dans le courant frais. Elle se tourna dans le ruisseau et fixa l'étalon du regard. Son regard se fit vide et absent, que sa voix de sa gorge expulsée et raillante, accompagna.

    - Parlons du Temps qui vole, des Astres en courses, de l'herbe folle, de ce cours d'eau, de poésie, des neufs vies supposées de certains félins et de votre étonnante et inhabituelle ... cicatrice.

    Elle vit vibrer les vibrantes et sonnantes consonnes du dernier mot, une point d'ironie dans le ton et au bord de la bouche. La tête lui tourna et elle marche à contre-courant, l'air chantante, les crins voletant avidement dans l'azote propice.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Ven 25 Juin - 20:53

    J'ai entendu, dans un sifflement mortel, comme le souffle acide d'un violon qui crève le cœur.


    Elle était franche, sa voix aux accents spontanés tranchait la moiteur de l'air lourd et humide de chaleur. Peu à peu, tandis que leur échange se faisait plus vif et acéré, un changement s'opéra lentement en lui. Le ruissellement sonore n'avait plus la même mélodie, le soleil, le ciel, l'herbe, ce vent insolent, la fragrance fraîche et sucrée de la végétation s'aplatissaient dans une idylle banale sur laquelle allait se bâtir et s'écrouler sans cesse son existence injustifiée. Elle aussi n'était déjà plus la même que celle qui avait descendu le flanc de la plaine, comme annonçant une magique renaissance, un sauvetage certain. Dans son désir de rêve sempiternel, il avait voulu croire à une fausse réalité et s'était rattaché à elle comme à la mère qui avait enfanté cet univers sans temps et sans hauteur, femme et fille d'une Nature qui n'existait plus que dans les illusions de poètes refoulés. Cette image d'elle, qu'il avait inconsciemment conçue et l'avait tant rasséréné, s'estompait peu à peu, bien qu'elle doive à jamais lui rester gravée dans la mémoire; toujours. A présent, elle était si proche, et il l'observait de si loin, naturelle et sûrement banale dans un monde qu'il commençait à concevoir avec plus de rationalité. Sans pouvoir même le sentir, il en fut secrètement blessé aux tréfonds tumultueux de son âme si humaine et évidente.

    L'eau claire courait le long de ses gracieuses jambes, sa fraîcheur semblait courir tout le long de sa peau dorée et couler dans ses crins sauvages. La pupille presque vide, il l'observait sans vraiment la voir, et enviait silencieusement ce qu'elle était; si différente, si lointaine. C'était sa pensée devenue confuse qui le tourmentait à présent. Tout était contradictoire, tout était un paradoxe infini qu'il tolérait non sans mal.
    Il se demandait également, pourquoi elle avait été si prompte aux reproches, pourquoi elle marquait tant dans ses phrases son mépris et son désintérêt évident, ressassant cette haine vivace comme si elle avait attendu de lui quelque chose d' indubitablement plaisant. Cependant il se garda bien de le demander, c' aurait été d'une inutilité absurde. Cela après tout ne le touchait guère, non pas qu'il soit trop fier de lui et suintant d'arrogance. Simplement, il avait décidé de se sentir de ce monde malgré lui, et elle le savait définitivement un Étranger que rien ne pourrait en inverser le statut irritant. Aussi n'insista-t-il pas sur ce qu'elle lui trouvait de si mauvais, ce n'était pas cela qui le troublait.

    - J'en suis navré. J'apprécie cette façon de parler que vous avez, et si vous ne me croyez pas, au moins cela est-il dit.

    A son tour, il immergea ses membres solides sur lequel vint se heurter le courant glacé, il s'éloigna peu à peu, longeant ces pierres abruptes et cahoteuses, la corne de ses sabots parfois dérapant sur la pierre lisse pour l'éviter de trébucher. Seul le chant pluvieux de l'eau et la brise incertaine vinrent porter à ses oreilles le reste des paroles que débita l'être blonde, qu'il ne pouvait nommer par un nom de bête. Il n'y avait après tout plus de distinction dans cette nouvelle réalité d'une éternelle dimension onirique pour les âmes qui la peuplaient. Tout n'était qu'un amas de corps et de pensées, il n'y avait ni hommes ni bêtes, c'était le courant infini d'une Nature oubliée. Enfin, elle avait donc parlé, non sans une pointe d'ironie qu'il ressentit comme le fruit d'une douce vengeance bien qu'il n'y crut guère. Il n'eut pas le temps de s'arrêter là-dessus, les derniers mots seulement le percutèrent dans un soubresaut violent du vent. Quelques secondes, stoppé dans sa marche agréable et sans but, son regard morne contempla un point invisible dans l'écume blanchissante qui sautait entre les pierres, le bruit de cascade bourdonna dans ses oreilles. Dans un ralenti presque tragique, ses paupières s'abaissèrent, ses yeux tombèrent dans le miroir remuant de l'eau crépitante. Sa pupille se cribla d'éclats infernaux et tenta de se focaliser à s'y voir. De longues secondes monotones s'écoulèrent tandis qu'il essayait d'écarter du regard les flots tumultueux du courant pour observer son visage encore inconnu. Le temps, son organisme, ses pensées s'étaient figées, la dimension temporelle s'était envolée, disparue, abandonnant une angoisse injustifiée derrière elle. Un infime déplacement des hanches apporta à ses pupilles un reflet éclatant du soleil et cette large tête brune lui apparut subitement aussi claire que le permettait le fond vaseux du ruisseau. Il accorda alors peu d'importance à son physique avantageux, car la fatalité de ce hasard si sournois et si peu innocent fit que sa rétine se fixa sur une fine balafre qui courait le long de sa jugulaire comme un collier de torture, enserrant sa nuque, noire d'un souvenir infernal et électrique. Il n'eut guère besoin d'en voir plus, une vague d'émotion complexes s'abattit sur lui et le submergea tant que cela n'était pas descriptible. Il fallait le sentir. Non, pas maintenant, pas après tant de temps, pas après tant de réflexions aboutissantes. Il ne pouvait pas le nier, un venin de faiblesse et des souvenirs cuisants lui brûla les neurones et s'infiltra insidieusement dans ses membres. La caresse de l'eau n'était plus que murmure. Il se sentait plus vivant que jamais, vivant d'un sentiment étranger qui l'anéantissait d'un poids qu'il ne voulait pas comprendre. Ses muscles se déployèrent d'une puissance trop longtemps retenue. L'ivresse le porta promptement jusqu'en haut du versant de la cuvette, seule image qu'il avait de ces terres. Le vent siffla avidement et fit suer ses yeux, il s'abandonna totalement à ce qu'il était à présent, non pas pour évacuer ce sentiment fou et incompris, mais tout simplement parce qu'il ne pouvait faire autrement. Enfin arrivé au but, on regard larmoyant se porta sur l'immensité infinie du monde qui s'offrait à lui, les bourrasques allégoriques ébranlaient son grand corps. De sa gorge obstruée aucun mot ne vint, l'émotion avait été trop brutale et trop violente. Cette cicatrice amenait trop de choses pour qu'un esprit puisse supporter l'ensemble de la situation. Impuissant, il contemplait ce monde qui grouillait de vie et d'âmes et qui allait le voir vivre jusqu'à une mort certaine. Mort. Il avait l'impression que le ciel grondait au-dessus de lui, alors que c'était son cerveau même qui se déchirait.
    Light' ne savait pas si elle était à côté de lui, il l'avait oubliée tout en la sachant présente, et pourtant elle avait bel et bien brisé son joli barrage qui l'avait rendu tellement serein.
    Oh, cela passerait, cela mûrirait et pourrirait dans son esprit impénétrable. Incapable de dire si elle pouvait l'entendre, incapable de dire si il parlait pour elle, pour lui ou pour rien.

    - J'ai été sauvé … souffle rauque … avec le collier de l'échafaud. Sa voix était encore plus cassée et peinait à filer entre le nœud qui lui trouait la gorge. Ses yeux humides se clôrent un instant, puis se rouvrirent, noyés dans l'horizon immuable.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Dim 27 Juin - 17:58



    Elle laissa son esprit tanguer jusqu'au plafond effrité de sa conscience. Elle arrêta ses jambes fines dans l'eau claire, qui glougloutait avec plaisir entre ses canons mi-blancs mi-dorés. L'étrange bruit apportait par lui même la fraicheur glacée de sa matière liquide. La poussière à ses membres, peu à peu se collait au niveau du courant moyen. Elle sentit le souffle du mâle à sa croupe luisante, puis plus loin. Le claquement de la corne de ses sabots contre les galets gris et vibrants, ayant brusquement cessé. Son corps se tendit un peu, puis elle entendit ses brûlantes paroles dans l'air enflammé. Ses idées s'égrenèrent une à une, pensant s'arrêter d'une seconde à l'autre puis son cœur éventré repris sont chemin. Elle continua inconsciente et sans lendemain sa route vers on ne sait où. Ses petites idées ne flanchèrent point et elle se prit le compliment en plein dans les artères, suintant d'une couleur étrangère aux paroles dernières. Il semblait vouloir se faire pardonner mais rapportait toujours ses mots à son propre cas. Il parlait de lui depuis le commencement du quart d'heure qui les réunissait. Le propos avait peut-être sa place mais sa souffrance était imposante et se joignait aux impitoyables rayons des ciels qui les couvraient. Elle eut un sourire cynique qui s'évanouit en une expression vide, la laissant toute entière dans un nuage de neurones affolés. Elle étoffa son ouïe aigüe et chargea sa voix, un octave plus haut, ou bien ? Elle ne sut plus où elle en était dans les sombres écueils de la vie de l'autre. La sienne l'accaparait pourtant bien, son sien remplit par le fruit des entrailles d'autres. Entrailles n'était peut-être pas le mot, elle passa outre. Chargeant pour la ixième fois son encéphale alangui et à ce point de leur conversation décousue, douloureux.

    Les poètes de partir de ses pensées étouffées et ondulantes sans pitié. Item, la Nature, qui l'enfouit un peu plus dans ses affres. Elle laissa ses souvenirs adjacents dégouliner et suinter sans conviction mais in-étanchables. L'acte d'horreur et de plaisir débordant, l'inceste affranchi, le doré et le feu de sa robes réunis. Et le surement informe petit être à venir, au mieux à l'esprit azimuté rien que par l'idée pur et simple de l'acte en lui même. Et la tentation céleste ... Elle rit en elle-même de cette pensée et du non-ciel plafonné qui les survolait au moment donné par la chose. Elle se sentit grosse et pleine. Mais pas coupable. Pas de crime encore mais peut-être à venir, elle écrasa ses sens compressibles à l'idée même. Elle tue son presque désarroi et revint à la présence dont elle avait peine à s'accommoder, psychologiquement parlant. Elle perçut le grincement grave de sa gorge enrouée, et intégra ses mots, sans en comprendre le sens immédiat.

    - L'échafaud. C'est un mot étrange, qui file le cours de son sens. Il ne vibre pas, lisse dans ses allitérations mielleuses. Est-ce un objet trompeur ?

    Elle reprit son souffle, ayant débité ces mots prestement, l'air hagard et régi par l'inspiration stellaire. Elle frissonna de l'eau qui mordait la peau fine de ses jarrets et se retourna poussivement avec l'aménité qui la caractérisait.



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Dernière édition par Decency le Lun 28 Juin - 15:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Lun 28 Juin - 12:28

    Ces âmes silencieuses entrechoquées dans un vent frondeur,
    les yeux qui crient et le cœur qui pleure,
    et où donc va l'esprit.



    Ses globes oculaires saignaient d'émotions impunément exprimées, aussitôt emportées par la brise qui soufflait avec ardeur sur ce lopin de terre surplombant un paysage sans fin. Le courant gazeux donnait à ses membres des tressaillements qu'il ne tentait guère de retenir et écartait avec violence les poils qui entouraient sa noire balafre. Toute sa conscience s'effritait et s'agitait, tantôt éparse et tantôt compressée en un bloc flou. Une vie s'évanouissait, laissant derrière elle une seule cicatrice largement abstraite et superstitieuse qui, si elle avait un rôle à jouer, le cachait bien. Une vie qui n'était déjà plus, qui n'avait jamais été, un rêve vif mais lointain. Seule son existence, aussi alambiquée soit-elle, était immuable et certaine. Ici, tout était irréfutablement réel. Une réalité irrationnelle nichée au cœur de chaque atome de ces îles. Il se demandait vaguement quel était le désir de ce qui l'avait conduit à cette folle dimension, et en avait une idée toute aussi vague. On n'explique pas ce qui n'est pas à portée d'un mortel, jamais parfait et jamais éternel, aussi est-il bien imprudent d'oublier son humilité et de se perdre dans les affres de questions qui ne sont pas de ce monde. Oh, il n'avait jamais cru en aucune religion ou dieu identifié, encore moins à ce que l'on appelait 'esprits'. Il avait, tout au plus, foi en quelque chose qu'il ne connaissait pas, il imaginait sans doute une puissance plus grande et plus haute, une force, une divinité quelle qu'elle soit; il en fallait bien une après tout, que ce soit la Nature ou autre chose immortelle. Il la tenait inconsciemment responsable de ce phénomène. Il gardait seulement en tête le fait pur et simple qu'il avait été sauvé. Épargné, pour une douleur plus grande ? Épargné, pour un repentir incertain ? Épargné, pour que justice soit faite ?
    Ni souffrant ni jouissant, seulement le cœur palpitant et battant ses côtes dans une pulsation assidue. Elle l'avait entendu de là où elle était, calée dans son cours d'eau ruisselant, assurément les courants du vent jouait un intermédiaire entre eux; et avait aussitôt répondu, avec la promptitude et la spontanéité qu'il lui reconnaissait. Il pivota un peu sur ses hanches et porta ses yeux sombres sur elle qui était en aval, et sur son visage avenant.

    - Non, il n'est pas traître, il engendre seulement parfois en vous une confuse trahison de vos valeurs, répondit-il instantanément, sur ce ton un peu mystérieux qui plane. Il y avait tant à dire sur ce mot. Il marqua une pause, reprit, un coin de sourire ornant sa bouche. Et vous Aesther, vous semblez aimer les mots. Ils prennent entre vos lèvres des connotations que je n'imaginais pas. Il éleva un peu la voix pour trancher le vent sifflant, mais elle demeura douce. Allons, pourriez-vous me rejoindre et dire à mes yeux aveugles ce que je vois d'ici ? Et ensuite, parlons encore si vous le voulez bien. J'ai soif d'un monde qui m'est inconnu, et aussi d'un être qui supporte mes humeurs depuis un temps déjà. Il est temps que je vive avec cette ère et non plus qu'elle vive avec moi.

    Ce changement progressif d'attitude, il pouvait à peine l'expliquer lui-même. Il ne faisait qu'obéir à l'enchaînement des mécanismes qui s'opérait en lui, une alchimie secrète et divine tandis qu'il prenait lentement racine en cette terre.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Mar 29 Juin - 15:16

    Elle se perdit dans le voix inhibée d'une encre inconnue, du mâle brun. Tout tournait dans sa tête, les étranges coins d'une vérité se brisant contre les bords flasques d'une idée infinie et détruite. Elle ferma les yeux, espérant pouvoir un jour apaiser ses douleurs crâniennes par la pression de son propre corps. La fracture s'imposa à elle et ses pensées la perdirent encore une fois, l'occasion unique de s'échouer lui était passée sous le nez et elle attrapa dans le vent un fragrance délicieuse. La troisième Fragrances, vous savez de celles qui importent. Celle qui ne renient jamais, l'œil clair, vif et inconscient. Tempéré par les ardeurs d'intrigants, - et son propre regard tourna. Elle fuit la clarté aveuglant de cette hurlante après-midi et puisa dans la la poésie de l'autre-monde. Son premier réflexe fut de marcher à grand pas en direction de la silhouette chaleureuse et attirante, ses sabots striés bruissèrent l'eau presque freinés, par la pression constante du relief. Mais autre chose l'écrasa et elle ne put que répondre - par moitié de question.

    - L'infidélité ou la félonie ne sont-ils point les presque exactes synonymes de traitrise, que vous semblez employer avec tant d'ardeur ? Ses sonorités vous coupent la voix, et raclent votre jugulaire. Vous me perdez ... ou peut-être me perdrais-je moi même ?

    Ainsi marqua-t-elle son ignorance avec une sobriété toute personnelle. Avant d'éclabousser les galets presque secs du bord du ru entre les grandes herbes, de son grand corps sec et sauvage. Le doré de sa robe s'éteignit dans l'humidité. elle posa son flanc lourd sur la mousse spongieuse des galets dans l'eau translucide, plus blême que l'ère qui brouillait sa vue. Elle laissa couler entre ses membres, et ça et là le en travers ses hanches osseuses, imbibant ses crins de paille. Elle perçu la prière du mâle, et s'en appropria la saveur, laissant de côté le compliment à demi voilé. Elle prit le parti de se relever, à grand peine tant le froid de la petit rivière avait anesthésié ses jambes qui chancelèrent sous sa masse fluette. Elle porta cette dernière jusqu'à son interlocuteur avide. Elle le contourna, frôlant involontairement de ses crins sa croupe charbonneuse et suspendit son mouvement dans la ferveur d'un aquilon. Le son de sa gorge résonna ainsi.

    - Nous sommes sur la première île. Derrière-nous ce mur de bambou donne sur un seconde île mais on peine souvent à en trouver le chemin à travers ses rangs serrés. Puis, les montagnes, un ancien village qui vous rendrait nostalgique comme les autres. Un lac peut-être. Et deux autres îles à l'accès délicat. Le Temps y fait beaucoup.

    Et se perdit dans les airs. Improbable murmure.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Mer 30 Juin - 15:05


    « Higher.
    You can fly higher », he said.


    Par un cruel hasard, bien que certes peu aléatoire, elle sembla s'interroger encore plus sur ces mots de traîtrise et d'échafaud, embrassant ces termes dont elle ne pouvait comprendre la ridicule ampleur ni même le sens. Quoique la trahison eut dû croisé sa route au moins une fois déjà. Elle répondit avec minutie, toujours sous l'emprise de ce qui semblait être un amour spontané des mots, aimait-elle s'abandonner à la réflexion, sentir tanguer des synonymes et des antonymes dans les creux de sa boîte crânienne, sonnant une effluve poétique qui n'existait que dans sa tête ? Sa voix était restreinte, presque comme si une force d'un autre monde l'écrasait lentement et la contraignait à ce ton un brin précipité, imperceptiblement haché par les secousses du vent. La fin de sa phrase, après une délicate suspension, le perturba et le mit inconsciemment sur une piste autre qui lui était tout inconnue. Il la sentait presque. Il répondit néanmoins, avec la voix flottante et douteuse de celui qui ne sait plus sur quel pied danser et qui se sent attaqué par un poids qu'il n'a pas lui-même engendré.

    - Ils le sont, sans doute, et qu'importe car je ne me sens pas concerné par eux. Tout cela n'est qu'une question de justice et de culpabilité, après tout. Son regard se noya dans l'azur incorruptible et il ne se rendit pas compte lui-même de l'incohérence et l'incompréhensibilité de sa deuxième phrase. Ne cherchez pas trop, Aesther, alors vous ne serez pas perdue. La fin de ses mots s'étrangla dans le bruissement étouffé de l'eau sur laquelle s'abat le corps. Il se retourna, ses yeux sombres se posèrent sur la blonde svelte et légère dont le flanc épousait les courbe impitoyables des roches pointues. Son cœur manqua indéniablement un battement. A peine ses membres l'avaient-ils porté en avant, plus vite que ne l'avait fait sa pensée, elle se releva à l'entente de sa demande et le rejoignit. Calé sur le versant de la colline, ses antérieurs sur la pente et son poids en avant lui faisait la croupe plus haute que les épaules. Ses prunelles brillantes s'attardèrent sur le joli visage blême de sa compagne, il discerna difficilement des traits qui se fatiguaient de la chaleur, et … d'autre chose. L'ignorance le fit taire alors que ses cheveux d'or caressaient sa peau brune sous l'influence vicieuse de la brise. Une nouvelle fois, la douce voix se perdit dans l'immensité de l'air alors qu'elle exauçait clairement la prière qu'il lui avait faite.

    - Je vous remercie, répondit-il dans un souffle chaud et bas. Maintenant qu'elle était à côté de lui, il tourna à nouveau son regard vers ce monde sauvage, ces îles du Temps et du réel qui abritaient âmes et lieux insolites. Sa pensée se tordit dans un sens puis dans l'autre, et se mit à essorer toutes les manières incongrues et filtra une tendresse fractionnée. Un brin d'une inquiétude inhabituelle et inhabituée était discernable dans ses yeux qu'il ramena sur ceux d'Aesther. Je ne puis vous le demander autrement, pardonnez-ma grossièreté et mon manque d'imagination, mais votre état me bouleverse; qu'avez-vous ? Le voilà qui se livrait petit à petit à d'autres sentiments que lui inspiraient sa compagnie.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Dim 15 Aoû - 17:18

    Julianna - Audrye Sessions.

    Sa queue cingla dans l'atmosphère. Il avait encore cru qu'il avait élucidé la question des réflexions de son interlocutrice, qu'il avait déchiffré ce qu'elle était en mesure de penser. Par ailleurs. Elle ne cessait de ressentir cette réticence incongrue. Les autres étaient par habitude si ouverts ou pour le moins déchiffrables. Cet ordre à l'arrêt de la recherche de ce qu'elle se donnait pour but de comprendre la faisait se plier encore plus dans la sus-dite direction. Elle ne su en revanche si une réponse fut utile. La communication par les mots tintant et trébuchants se juxtaposait effrontément à l'envie de se noyer dans son regard plein et distant. Chercher la porte, en serait une définition si simple. Elle fut plus rapide qu'elle ne voulu l'être, se mordant presque la langue au sortir de ses phrases distordues et dissonantes. Son ton se voulait monocorde.

    - Je peux bien oser espérer, même vainement, que la clé de toutes ces choses au sens informulé, existe ?

    Son poids dériva de son antérieur droit à celui qui s'y opposait, en bonne et due forme comme si elle était restée trop longtemps, encore, debout. Elle sentait les envies, la chaleur, quitter son grand corps osseux. Comme la pression d'une autre idée, de celle du temps qui passe, et de celui qu'il fait. Le temps d'accéder aux rêves, qui n'en restent pas moins mystères inaccessibles des limbes. Les étranges simulacres oniriques qui la réconfortait n'étaient plus que compagnons passifs de sa route vers le nul part. Les paroles de son interlocuteur l'avaient creusée, attirée vers d'autres sphères, non moins proches.

    - Un état ? Un pays, un continent, le reste du monde ... Inexploités.

    Elle rit avec légèreté de ses inepties folâtres, laissant une pointe de divagation trancher dans le vif de son esprit au système embrumé par la chaleur. Le ciel commençait à se couvrir lentement, mais surement, tendant l'air comme une rangée de minces fils d'acier, garrotant les êtres qui osaient dépasser le seuil de la terre argileuse.

    - J'ai deux amants, deux amis, deux odeurs entêtantes qui me brûlent les yeux. Vous auriez peine à croire cela, sans doute.

    Ses cils roux se tournèrent vers le mâle brun, élancement de douceur, abrupte brun qui peinait maintenant à refléter le moindre rayon d'un soleil en voyage. Son regard se faisait sérieux mais ses pensées s'arrogèrent l'idée saugrenue que le sol s'humidifiait, ou était-ce l'eau de la rivière qui glissait encore sur son corps lustré ? Elle n'aurait su dire.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Lun 16 Aoû - 20:18

    Le vent frondeur s'abattit dans une dernière poussée sereine, parachevant l'oeuvre des formes cotonneuses qui se liaient dans ce plafond cendré avec une fluidité jalousée.Le soleil espion s'évanouissait derrière ces voluptés et avec lui, les dernières réticences informulées et mystérieuses du bai massif. Il était absorbé par le néant explosif de sa compagne, non pas contre son gré. Il désira plus qu'il ne le sentit que leurs regards s'accrochent, mus par un accord commun; oui il aimait ces yeux clairs et vivaces qu'elle arborait et tâchait d'y trouver un point d'appui. Son oeil sourait de lui-même lorsque son ouïe désormais aiguisée reçut cette question qui avait également la forme d'un souhait, d'une demande. Il semblait que l'être blond n'était pas insensible à tous ces mystères et que son subconscient tendait vers l'avidité de crever ces bulles insolentes et de trouver un répit dans le savoir, et que ce même désir refoulé ou non, l'avait exhortée à formuler cette envie et avait expulsé ses mots dans sa gorge et fait cracher ses lèvres.C'était un sourire humble et non plus d'une langoureuse ambition qui écartelait ses lèvres noires.

    - C'est moi qui n'oserait pas vous demander de garder un espoir dans une attente trop longue; il ne s'agit d'ailleurs guère d'espoir. Il y a un temps pour tout, je me perds moi-même, et je jure sans hésiter que vous auriez autant de choses à me faire savoir que moi j'en cache. Il promena un moment son regard d'une incandescence posée sur la courbe de ses paupières dorées. Il sentait que l'instant n'était guère propice aux aveux discordants et obscurs, et ne le serait peut-être jamais.

    L'échange tangua et renversa sa cadence pour partir à l'assaut des confidences plus claires d'Aesther. Sa bouche se tut d'avoir trop parlé et trop cogité ses propres tragédies, il trouva un exutoire d'une saveur inestimable et évasive tandis qu'il cheminait sur les routes cahoteuses de sa compagne. Elle divagua, abandonnée à une dérision fantasque qui la faisait exulter d'une façon trop éphémère. Il ne partagea pas ce rire, mais en ressentit la légèreté profonde, ce bohème qui suivait sa chevelure volatile dans ses mouvements les plus infimes; il était frais, frivole, et se faisant précédant d'une façon encore meilleure la suite qui tomba, plus sereine, plus douce mais moins réelle. La révélation, qui coulait pourtant limpide, secoua non pas sa boîte crânienne mais son coeur en balance, et il se surprit à réagir à un réflexe purement humain comme exactement animal. Ses yeux gravirent avec une rapidité acquise la silhouettte sauvagement sculptée d'Aesther qui par deux fois avait été convoîtée et possédée, ses naseaux entreprirent de surprendre les fragrances masculines qui avaient pu imprégner ce corps blond. Instinct déroutant. Cela n'avait duré qu'une fraction de seconde tout au plus, mais était d'une visibilité nette et il ne le cacha pas. Ses prunelles foncées se jettèrent de nouveau vers les yeux verrons et vertigineux et ployèrent sous leur douceur. C'était un bien étrange lien qui les unissait, ou les séparait, peut-être. Il croyait sans croire, comprenait sans comprendre, découvrait tout à fait. Il n'avait pas de mots pour cela, ni pour juger ni pour constater, il n'avait rien de formulable à présenter, elle l'avait tout simplement fait taire. Toute son émotion passa dévotement dans son regard en compensation, et elle n'était pas maigre. Là. Oui, il aimait ces yeux décolorés et pourtant si vivants. Un souffle grave et profond fit battre ses côtes et heurta le poitrail de son interlocutrice dans laquelle il cherchait presque refuge. L'anti-perfection presque parfaite de cet être le laissait coit et pavé d'un sentiment d'une tendresse épanouie.

    Au-dessus d'eux et de leurs regards ancrés, les nuages poussiéreux s'étaient épaissis et survolaient le sol moite avec bassesse. L'air s'imprégna de relents humides qui rappelèrent au mâle bai le souvenir fugace des flancs voluptueux échoués sur le rivage du ruisseau glacé; vision fugitive que concrétisèrent les premières gouttes qui imbibèrent sa robe à peine pommelée. La chose le fit tressaillir, dans un mouvement intime et inexpliqué, ses jarrets ultérieurement époussetés par les crins délicats d'Aesther se décalèrent vers elle, de même que son flanc les suivit et rencontra d'une manière insolite mais non brutale la fraîcheur éperdue de celui déjà humide de sa proche compagne.Ses yeux ployaient toujours sans interruption vers les siens.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Jeu 19 Aoû - 17:34

    They never go on.


    Laissant ses idées partirent une fois encore elle se surprit à penser aux paroles prononcées par le mâle. Délicieuses caresses de l'infinie qui osait, le cœur battant interrompre la mélodie du vent. Elle appréciait. Mais décida de, pour la première, ne rien dire. Comme si la pensée de la Suprême contradiction entrait en désaccord avec son subconscient. Juste au moment où cette dernière la traversait le ciel gronda. Comme un signe imparfait d'un destin tout aussi imparfait. Ses yeux clairs quand à eux détaillaient avec attention l'herbe grasse sur laquelle ses sabots ivoires imprimaient leur marque, profonde. Le sol était encore sec.

    L'espoir semblait avoir déserté la plaine et le mur de bambou que l'on voyait au loin aurait semblé à un inconnu plus infranchissable que jamais. L'atmosphère était grise, les arbres au loin ternes, l'herbe tournait à un vert d'eau sombre et peu attrayant rappelant celle d'un lac. Le ciel aussi était gris. Les derniers rayons d'un soleil tyrannisé marquaient d'étranges jeux de lumières et faisaient pour quelques minutes briller l'eau du ru qui courrait à dix mètres. Les deux équidés semblaient être les figurants involontaires et à peines visibles d'un tableau poussiéreux, aux couleurs effacées mais contrastées. Le poil moins brillant de Lightechev Iskander sembla frémir quand elle eut fini de prononcer ces derniers mots. Luxure avide de plaisir sans réels témoins. Un sourire passa fugitivement sur ses lèvres veloutées comme si son imagination fantasque l'avait dépassée, une fois de plus. Elle sentit ses entrailles gonfler à l'instar de la vie monstrueuse qu'elle s'apprêtait sans doute à mettre bas, une chose sans nom qui n'aurait pas de père. Elle ne pouvait que lutter pour ne pas céder à l'attraction de cette forte vie qui écrasait sa conscience. L'humidité parût chavirer le monde, et quelques gouttes s'écrasèrent sur l'enfer brulant de ces deux êtres qui s'observaient de l'intérieur dans la déflagration du silence oppressant.

    En remontant le temps aux derniers déboires de cette conversation chancelante, Aesther se résolue à la poursuivre sans trop savoir où ces choses inconvenantes ou bien dont la clé était perdue ou volontairement dissimulée par son propriétaire, allaient les mener tous deux. Elle gambergea dans le silence pesant, entra en collision avec deux trois souvenirs pour somme toute en rester sur le sujet langoureux qu'était Delector et Equinoxe, ou pour le moins, leur stéréotype caricaturé. L'entendement de son interlocuteur irait-il jusqu'à là ?

    - Leurs fragrances me suivent nuit et jour, et je n'ai de cesse de poursuivre l'idée fantasque de leur chimère. Je vous présenterai l'un deux si nos routes se recroisent ... Je le trouve sans difficultés. La famille vous comprenez ?

    L'orage éclata. Et la pluie tomba pour de bon, baptême sordide au milieux de ses teintes de gris décomposées. Sa hanche se décala en sentant son pied glisser. L'averse avait traversé le grillage herbeux qui révéla la nature glaiseuse de son sol.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Sam 21 Aoû - 10:30

    On ne savait jamais trop quel chemin emprunter,
    les désirs embrumés fourvoyaient le reste.



    Un sourire, qui transbahutait un silence d'une lourdeur ouatée et sans doute autre chose qu'il n'osait se prendre à imaginer, transparut sur les lèvres pâles et rosées de son interlocutrice. Le mâle brun sentait leurs flancs si proches et impuissants, qui battaient presque à l'unisson, et songea fugitivement à l'élément biologique qu'abritaient ses flancs onctueux, fruit impromptu des passions confuses qui avaient entrelacé ce corps doré et celui de deux autres avides d'un exutoire charnel. Lightchev se priva des lueurs disparates des yeux d'Aesther et plongea les siens dans l'horizon à présent indévoilé, où tanguaient les nuages sur une toile grisâtre et épaisse. Le paysage se fit plus sombre, le Soleil se tout à fait, étouffé jusqu’au cœur par les compagnons brumeux du ciel. L’étalon brun eut la fugace pensée que ce ciel n’était pas le même qu’avant. Ce ciel ne connaissait pas les buildings et les vapeurs empoisonnées, ni les enfants qui courent dans les champs, ni les hurlements des prisonniers que la démence fait cracher. Il était témoin de deux civilisations et univers ; un soupir étrange vida son cœur. Ici ou ailleurs, il y aurait toujours des maux et des mœurs, bien qu’ils n’aient pas les mêmes valeurs. Il ne pouvait se résigner à quitter Aesther, c’aurait presque été renoncer à vivre en ce monde. Sa présence avait une saveur inestimable, la chaleur de son corps et la fraîcheur de ses yeux et sourires étaient un bienfait ; l’imperfection de son être indescriptible était précieuse, il tenait à la chérir. Il ne pouvait partir.
    Le dôme céleste était d’un silence absolu au-dessus de leurs têtes, silence qui avait étranglé leur conversation un moment. Puis, elle parla, continua ses aveux avec cette spontanéité qu’il lui reconnaissait. La phrase pourtant sonna comme les autres, limpide et cruelle, et elle était creusée par son propre mutisme. Ce ne fut que lorsqu’il rapporta plusieurs fois ces derniers mots si frivoles à son cortex qu’il put en déceler l’inexorable et infâme subtilité. Etait-ce un père qui avait ensemencé sa fille, un oncle, un cousin ; un frère … Ses paupières se baissèrent légèrement, il ressentit cette vie incestueuse qui battait son plein près de lui comme une oppression confuse, et ne sut par quelle extrémité accrocher cette ronde infernale. Passions funestes qui avaient embrasé les protagonistes, l’inceste était un crime ailleurs, l’était-il ici seulement ?
    Les nuages s’étaient déchirés au-dessus d’eux et avaient dégueulé leur jugement, la pluie martela le sol et y creusa des cratères boueux. Le mâle bai cherche refuge chez cette compagne aux mœurs étranges ; il ne pouvait raisonnablement pas s’écarter d’elle, le no man’s land presque insignifiant qui séparait leurs flancs lui semblait juste et lui convenait. La pluie cracha sur ses crins et noircit sa robe, il s’abreuva de ses saveurs et de ses libérations. Sa tête brune convergea vers la clarté d’Aesther, il observa un moment la pluie dégouliner le long de sa robe de paille et alourdir sa chevelure blonde. Ses yeux vinrent à chercher les siens. Leurs confessions étaient dérisoires. Que pouvait-il répondre à cela, sinon des hypocrisies. Le silence devenait un atout commun. Cependant il tenait à ce qu'elle sache qu'il était sensible à ces moeurs étranges qu'elle arborait. Il sentit qu’il ne pouvait exprimer ses sentiments – que d’ailleurs il ne saisissait pas – que par un aveu qui scellerait leurs futilités. Le rideau de pluie donna à sa voix poignante le ton léger mais souterrain du conte, sa gorge chaude éructa les mots un à un tandis que l’eau perlait à ses lèvres.

    - Vous savez Aesther, dans le monde des humains, les personnes qui commettent des crimes sont emprisonnées. Parfois même on les exécute pour la gravité de leurs actes. C’est cela que les hommes appellent la justice. J’ai arpenté les couloirs de la Mort; moi aussi, j’étais l’un d’eux.

    Ses flancs frissonnèrent sans vergogne de la froide moiteur de cette pluie d’été, il craignait malgré lui pour l’état de la supposée mère.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Dim 22 Aoû - 14:22

    (baaaam baaaaaaam, je ferai jamais aussi long que vous hein :D )

    Son regard suivait la scène depuis quelques minutes déjà; longues, éprouvantes, où un sentiment auparavant jamais ressentit avait fait son apparition : la jalousie. Un pincement dans le cœur de notre mâle, qui au début n'avait pas compris cette douleur morale. Au fur et à mesure que cela grandissait, il avait en déuit la cause. Un étalon bai, posté trop près à son goût de la jolie femelle dorée.
    Parfois, Equinoxe laissait glisser son regard sur les courbes aguicheuses de sa demie-sœur, emporté par un amour dont ils avaient omis depuis longtemps l'interdiction. Plusieurs scènes lui revenaient alors devant les yeux, le coupant de cette réalité étrange. De petits souvenirs, mais pour le moins très importants. Des bribes de paroles soufflées, la réminiscence de leur contacts chauds. Et puis lentement, il retombait sur cette plaine grise, avec lui ses deux êtres qui se parlaient en énigmes.

    La pluie trempa l'étalon alezan jusqu'aux os, refermant sur lui ses griffes glaciales.
    Mais à l'intérieur, il bouillait.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Lun 23 Aoû - 16:24

    Le temps d'un regret,
    où l'âme fusionne,
    avec sa douleur.


    Elle sentit le mâle se crisper légèrement à l'annonce de l'inceste. Elle sentit son regard interrogateur. Ses yeux qui n'étaient même pas froids, dans le doute de faire un faux pas. Un crime de l'aise majesté sur un souci de coutumes locales. Une incompréhension de la part de ces étrangers réincarnés - c'était le mot. Et pourtant, la chair était la même, disposée sur d'autres os avec les même yeux et le poil brillant. Ils se sentaient souvent en marge des idées de l'île. qui pourtant n'étaient pas trop éloignées par leur sens et leur logique - moyenne souvent car faites de l'idée de certaines personnes et non de l'avis général. Et pour cause, jamais il n'y eut d'avis général que dans les contrée utopistes d'un pays lointain que personne encore n'avait déniché. Il aurait fallut pour ça entreprendre un voyage fastidieux à travers le Temps et les yeux inquisiteurs. L'incompréhension aurait fait face, comme là. Peut-être ici, suffisait-il d'une explication ? Argumenter l'impensable jamais argué. Elle sourit de se voir de nouveau plonger dans ces réflexions sans dessein. Puis tressaillit sous la brulure de son flanc, qui palpitait, comme mu par une forme invisible.

    La lumière se jouait de la couleur de leurs robes aux teintes brunes. Et la grisaille de la brume envahissait peu à peu la plaine. Le regard d'Aesther la parcourut, frémissante, les naseaux dilatés par l'appréhension. Une impression la traversa, l'œil brulant. Aequinoxium ... Elle inspira profondément et fut saisit par un élancement sourd. Elle perdit conscience du temps qu'il faisait, et fit lourdement demi tour trois à quatre mètres derrière l'étalon brun, les crins alourdis par l'eau qui ruisselait inlassablement. Elle scruta le sol sombre, fébrile. Ses yeux se fermèrent.

    Et ses jambes se dérobèrent sous son poids.

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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Mer 25 Aoû - 12:55

    (Je vais également faire plus court :3)


    Ses pensées entreprirent de le quitter et de le plonger dans une torpeur étrange qui le faisait chercher un horizon voilé. Les rouages grinçants de sa conscience, assaillis par trop de choses futiles, ou qui ne l'étaient pas tant, cessèrent leur manège et une brume envahit son coeur tout comme elle s'abattit sur la plaine détrempée au sol fallacieux. Ses yeux bruns, légèrement éteints, projetèrent leur ombre chaude vers une silhouette en contrebas. Cheval ou homme, il n'en faisait guère la différence. C'était tout simplement le premier être de ce monde qu'il rencontrait, exceptée Aesther. Un monde qui se déversait sur lui. Il y en aurait tant d'autres comme cet étalon inconnu à la robe de feu. Ses paupières battirent, un pressentiment piquant fusa dans le brouillard de son esprit sans pour autant aboutir complètement. « La famille, vous comprenez … ». Son inconscient laissa de côté ses doutes qui bientôt se révèleraient fondés.
    Quelques pas lourds et chancelants, une deuxième fois le bruit mat du corps qui s'abat au sol spongieux et hostile. Agonie d'un corps silencieux. Le sien s'élança à sa suite sous l'ordre muet de son inconscient, une nouvelle fois, il avait accouru sans le vouloir. Ses yeux sombres ployèrent vers les flancs blonds d'Aesther qui coulaient sur cette terre boueuse et froide. Indécis. Le cerveau soumis à une tension trop faible et embrumée. Il tourna sa tête vers l'alezan, qui, il en était sûr, était déjà en train de gravir le flanc de la petite colline qui les séparait. L'eau ruisselait sur leurs trois corps imbibés et creusait des sillons éternels. La pluie s'infiltra dans ses paupières et coula comme des larmes sur ses zigomatiques; le sourire évanoui. Quelques secondes immobiles à fixer un point qui n'était plus. Il mouva finalement son corps pour faire face à la jeune mère qui s'apprêtait à larguer le fruit de ses unions et passions brûlantes. Le bruit de l'averse qui martelait le sol couvra sa voix; « Aesther. », parole inutile qui trouva sa réponse dans les entrailles du monde. Ses sabots avancèrent mais n'osèrent la toucher, ses naseaux ployèrent vers elle sans l'effleurer, sa rétine regardait sans voir; impuissant. Témoin d'un spectacle qu'il n'avait pas engendré, alors que le géniteur venait à lui.
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MessageSujet: Re: Escape. [Aesther]   Sam 28 Aoû - 15:06

Eauinoxe s est noye dans la flotte ou quoi ? What A Face

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