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 Nous y voilà ; libre

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El Niño
Les mots ne vivaient que par eux.



Féminin Nombre de messages : 18
Age : 26
PUF : Eisenheim
Date d'inscription : 10/08/2010

MessageSujet: Nous y voilà ; libre   Mar 10 Aoû - 15:52

    El Niño galopait depuis des jours. Il dormait, un peu, mangeait, beaucoup, et courait, énormément. Il ne savait pas d'où il venait, il ne savait pas où il allait. Mais il fuyait. Il courait le plus vite qu'il pouvait, sans vraiment savoir pourquoi, n'ayant aucune raison pour ça. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Alors qu'il galopait, pour changer de son habitude, il se retrouva face à un mur. Il ne l'avait pas vu venir. Il se retrouva devant sans s'en rendre compte. Il pila net.

    < Mais où suis-je ?! >

    El Niño regardait autour de lui. Il n'y avait personne. Quelques rongeurs, qui passaient sous les planches du mur. Il s'y attarda. Il était haut, trop haut pour qu'on puisse le sauter. L'étalon s'appuya dessus. Il était solide, très solide, également. El Niño se recula et réfléchit. Il avait envie de parler à quelqu'un. Il avait passé trop de temps tout seul. Il devait absolument parler à quelqu'un. Il commença à longer le mur, au trot, espérant faire une rencontre ou deux. Il était temps qu'il se trouve une horde, un clan, un lieu où il aurait sa place.
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Mer 11 Aoû - 9:16

    Enterre tes désirs,
    mais pas tes espoirs.



    Son souffle était encore irrégulier et creusait ses flancs avec affliction. Elle avait prit le parti de marcher, exhortant son corps à s'avancer sans relâche, afin d'évacuer les toxines de stress qui avaient vilainement ensemencé ses veines et ses muscles. Mais elle n'y arrivait pas, ses pensées étaient obstrués par la nuit atroce qu'elle avait passée. Un frémissement nerveux agitait son flanc droit et ses sabots trébuchaient de temps à autre, l'harmonie n'était pas, le souvenir rongeait ses formes et ses allures. C'est dans ce pas cahoteux qu'elle s'avança à la rencontre d'un inconnu, un étalon brun à la morphologie avenante. Ses paupières tressautèrent, elle dirigea ses grands yeux d'un noir pâle vers lui et s'arrêta dans un cliquetis de côtes pas très charnues. Il semblait nouveau sur ces terres, à en croire ses paroles. Ailleurs ou ici, de toute façon ... quelle importance. Scylla avala sa salive en essayant de calmer son cerveau alarmé, mais les hurlements déchirants qu'elle avait livrés aux ténèbres cette nuit la démangeaient et claquaient encore dans ses tympans. Elle tenta de se concentrer sur l'étalon, non sans mal. Elle n'éprouvait aucune peur vis-à-vis de lui, mais plutôt envers elle-même. Cependant, elle signifia sa présence par un petit raclement de gorge à la limite du souffle rauque et détendit légèrement sa croupe truitée bien que tout son corps gauche soit raidi.
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El Niño
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Féminin Nombre de messages : 18
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Mer 11 Aoû - 9:26

    Alors qu'il marchait, El Niño entendit un bruit de sabots, lent, douloureux, comme arraché à la personne d'où ils provenaient. El Niño, à la fois apeuré de cette présence, et heureux à la pensée de trouver quelqu'un à qui parler, s'arrêta. Il leva la tête et scruta, mais ne vit rien. Il n'entendait maintenant plus rien. Était-ce le fruit de son imagination ? Oui, sans doute... Il reprit alors son pas, tête basse, quand il entendit un bruit. Il ne savait pas vraiment dire ce que c'était. Cela aurait pu être le bruit d'un oiseau qui s'envole, ou même d'une musaraigne creusant son trou. Il se retourna, et c'est alors qu'il la vit. Un jument gris truité, l'air plus que mal en point. Elle n'avait que la peau sur les os, et son œil était vitreux et terne. Il inspirait pitié à l'étalon, qui s'avança alors vers elle.

    < Bonjour >

    Il n'avait prononcé qu'un seul mot, se disant que ça serait assez. La jument n'avait pas l'air en état de supporter une phrase complète, tant elle était tendue. El Niño pouvait voir tous ses muscles raides et sans doute douloureux. Mais quelle en était la raison ?
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Jeu 12 Aoû - 12:30

    La pitié dans vos bouches a un goût de morgue;
    l'impuissance gouverne la résignation,
    la pitié ne se refuse pas, elle se subit.



    Elle essaya de cerner l'irrégularité de son souffle;en vain. Plus elle tentait de maîtriser son corps, plus elle en perdait le contrôle pur et simple. Ses grands yeux papillotèrent vers cet étalon avec une expression étrange, ni indifférente ni curieuse, quelque chose d'indéfinissable qui endormait sa pupille d'une pâle obscurité. Elle était tout à même de parler et elle en avait grand besoin, espérant trouver dans la parole modérée un exutoire qui fasse s'évader la brûlante froideur de son corps engourdi. Elle répondit à cet accueil sobre par un hochement de tête, sa lèvre inférieur tressaillait malgré elle. Dans sa folie nocturne, elle s'était également blessée de son propre chef, une entaille dans le pli de son antérieur gauche suintait encore; enfin, ce n'était presque rien. Elle trouva un appaisement à observer son interlocuteur sans gêne mais sans cupidité non plus, un regard d'outre-tombe. Un sourire à peine visible trouva une maigre place sur ses lèvres, puis s'éteignit vite dans leurs plis encore jeunes. Cet inconnu avait tout à l'air d'une personne censée et agréable. Cela importait peu à la petite jument car elle n'avait guère de critères semblabes aux gens 'normaux'. Elle acceptait au près d'elle tout et n'importe qui, sauf les plus démunis auxquels elle craignait de faire du mal. Plus les personnes qu'elle rencontrait étaient austères et puissantes, plus elle se sentait à l'aise en leur compagnie. Mais elle ne refusait pas non plus des conversations intelligente et sympathiques, encore que cela fut rare. Il lui suffisait d'observer le monde.
    Sa voix rauque et pourtant nasillarde sur les bords s'éleva dans les remous de l'air moite.

    - J'ai cru comprendre que vous étiez nouveau sur ces terres. Sont-elles à votre goût ? Elle essaya de rendre sa voix avenante, ce fut assez difficile.
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El Niño
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Jeu 12 Aoû - 12:54

    Niño crut voir un sourire s'esquisser sur les lèvres de la jument, mais il n'en fut pas sûr, tant il avait été court et bref. Cette jument intriguait l'étalon, qui se demandait quelles pouvaient être les raisons d'un être si tourmenté. Elle n'avait pas l'air vieille, mais pourtant on aurait dit que le temps avait fait ses preuves, et qu'il s'était acharné sur cet être squelettique et malheureux. Elle était blessée, Niño venait de le voir. Puis elle prit enfin la parole. Sa voix était amicale, rauque mais quand même assez douce. Un mélange intriguant mais pas dérangeant. Niño s'avança encore un peu, trouvant la compagnie de cette drôle de jument grise assez plaisante, malgré son étrange comportement.

    < Oui je suis nouveau, mais j'aime beaucoup ces terres. Elles sont accueillantes... Mis-à-part ce drôle de mur, qui lui n'est pas très accueillant. A quoi sert-il ? >

    Il avait parlé du ton le plus doux qu'il put, malgré sa voix grave. Il s'aperçut alors qu'il ne s'était pas présenté. Il inclina alors la tête.

    < Au fait... Mon nom est El Niño, mais vous pouvez m'appeller Niño. Ou Nino... >

    Avait-il rencontré cette étrangère par hasard ? Ou leurs destins étaient-ils liés ? Qui aurait pu le savoir...
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Ven 13 Aoû - 9:49

    Il n'y a pas de destin;
    seulement des âmes qui s'appellent et se cherchent,
    se trouvent et s'aiment,
    se déchirent.



    Elle ne broncha pas lorsqu'il s'avança mieux et elle distingua en lui une bonté profonde et une curiosité munie d'intelligence. Cela lui plut, de nouveau elle obligea ses lèvres à sourire légèrement. Sa voix était suave, d'un masculin grave et ample mais qui coulait fluide en ses oreilles, ayant le don de l'appaiser un peu mieux, bien qu'elle ait encore de petits tressautements impromptus. Savoix fluette et pourtant un peu rauque répondit sans précipitation, mais encore d'une façon assez ... cahoteuse.

    - Je suis contente de savoir que vous êtes à votre aise ici. Elle leva ses grands yeux noirs vers le mur de bambou increvable. Je n'en sais rien, nous mortels ne pouvons peut-être pas comprendre toute l'utilité de ce que la Nature crée. Mélodie désuette. La discussion lui plaisait. Ses oreilles jouaient un jeu de girouette et leur ouïe aiguisée les faisaient tinter sans cesse de sons différents. Elle retenait surtout celui du souffle lent et profond de son interlocuteur. Elle reposa ses yeux sur lui dans une expression assez neutre. J'aime bien votre nom. Il semble vous refléter avec naturel.

    Son attention se détacha un peu. Elle ne cessait de plonger et d'émerger, tanguant entre la surface de ses folies nocturnes et la réalité déconcertante.
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Ven 13 Aoû - 12:56

    La compagnie de cette jument était agréable, sans nul doute, même si la pauvre avait l'air relativement terrorisée par la présence de Niño. Parlant de mortels et de la Nature ? Elle était la première que Niño entendait à parler de ça. Tout cela lui échappait, et il n'y portait pas grande attention, trouvant qu'il était bien comme il était, et ne voulant pas se poser trop de questions. L'étalon ne put ignorer le fait que les oreilles de la jument partaient dans tous les sens, comme de vraies girouettes. Elle était tellement intrigante et mystérieuse. Niño ne put s'empêcher de lui poser des questions.

    < Merci... Je garde un caractère d'enfant. J'essaie de ne pas trop me compliquer la vie, trouvant que je m'en sors mieux ainsi. Mais... Vous me semblez assez préoccupée... Tourmentée peut-être ? Que se passe-t-il ? >

    Il avait dit cette dernière phrase de la façon la plus douce qu'il put, ne voulant aucunement choquer sa compagne, étant trop content d'avoir de la compagnie. N'empêche qu'il aurait aimé en savoir plus sur elle, et sur son passé.
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MessageSujet: Re: Nous y voilà ; libre   Sam 14 Aoû - 13:10

    Je ne m'étais jamais imaginé une autre vie,
    d'autres formes et conditions;
    c'est juste que je n'ai jamais eu de talent pour ça.



    Scylla pencha légèrement sa tête tachetée sur le côté, en signe d'une approbation discrète, lorsqu'il présenta son mode de vie. C'était sans doute une bonne façon de vivre.
    Ses nerfs agités lui donnaient sans cesse l'impression que la terre lui jouait un tour et se dérobait sous ses pieds, aussi tanguait-elle sur ses sabots, lentement mais avec une brutalité étrange, afin de se remettre d'aplomb. Elle fut sensible à la délicatesse avec laquelle il entreprit de lui poser une question plus intime, parce qu'elle l'avait déjà ressenti, mais cela ne la toucha pas vraiment. Il désirait simplement ne pas la voir se fâcher et faire demi-tour. Elle esquissa encore un sourire vain. La question n'avait pour elle rien de personnel, ce n'était qu'un constat véridique, et la honte qui avait habité son être autrefois s'était estompée, comme le reste. Elle n'avait qu'à observer et se faire discrète, quelques connaissances éphémères lui suffisaient, ou du moins semblaient lui suffir, et elle faisait son chemin parce qu'elle n'avait jamais songé mettre fin à ses jours. Sur cette réflexion semi-consciente, elle répondit de cette même voix basse et mal assurée par ses nerfs.

    - Croyez-vous qu'il soit égoïste, pour une personne dangereuse, d'avoir encore un peu d'espoir pour chercher l'autre ? Sa voix avait des intonations suppliantes très lointaines, mais elles étaient bien là. Le silence tomba comme une massue. Ses paupières se baissèrent vers le sol un moment, elle se reprit et rajouta d'une voix plus neutre, un peu plus ferme. La nuit m'a été funeste. Je vis dans l'ombre d'une peur que génère ma propre personne. 'Des gênes malades', pensa-t-elle par la suite.


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