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 « Tout ce qui sera. »

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? / Ice Wing
« A dancing Demon, splattering Crimson... »


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MessageSujet: « Tout ce qui sera. »   Ven 28 Déc - 15:03




Nous ne saisissions pas la chance que nous avions. Les hivers rudes qui diminuaient les quantités de nourriture, les été brulants qui détruisaient les plantes, ces petits riens nous étaient pourtant difficiles, et c'est aujourd'hui que nous comprenons à quel point nous avons été stupides, de croire qu'une légère faim était un évènement signifiant qui méritait nos critiques et que l'on élève la voix. Nous savons désormais que nous vivions dans le luxe, et nous n'avons plus que nos yeux pour pleurer et regretter d'avoir été si bête et de n'en avoir pas profité.


Je sentais mes côtes saillir sous ma peau tendue. Mon poil est terne, sali. Mes longs crins sont abimés, cassés. Pourtant je ne m'en soucie aucunement. La faim me tenaille... Mon estomac me brûle. Mes muscles ont commencés à fondre, mon corps puise dans les dernières réserves dont il dispose. Autour de moi le groupe d'équidés n'a pas meilleure allure. Blessures infectées, ossatures visibles, pelages crasseux, regards vides... Un bruit de sabot retentit, suivit d'un hennissement. Je me retournait pour regarder deux chevaux se battre. Ils ont trouvés les restes d'un buisson, et tous deux veulent manger. Un soupir m'échappa. Je posais à nouveau mon regard noir sur l'étendue sablonneuse sur laquelle plus rien ne pousse, puis reprit ma marche silencieuse, tentant d'ignorer les crins qui résonnent derrière moi. Le seul moyen de manger était de se battre, ou d'avoir la chance d'être le premier à trouver une pousse sans être vu. Je n'aime pas me battre, je fuis toujours ce genre de combats futiles, mais aujourd'hui la faim est forte, je serais peut-être prête à braver les autres équidés pour un peu de nourriture... Mon esprit est si vide... Je n'ai même plus la force de penser à quoi que ce soit. Tout à coup mon regard se posa sur un cadavre en partie dévoré et qui avait commencé à pourrir, dégageant une odeur putride de mort. Les autres équidés détournaient le regard, pressant le pas pour s'éloigner, mais je m'arrêtais. Je sentis mon esprit se remettre en marche, redevenant un instant moi-même. Je contemple la mort, et me questionne. Je réfléchis toujours beaucoup trop, mais n'ayant aucun souvenir, je considère cette activité comme normale, c'est le seul moyen pour moi de récupérer ce savoir oublié, de découvrir à nouveau le monde, et peut-être de comprendre. Comprendre pourquoi ma mémoire est aussi défaillante. Comprendre pourquoi j'oublie au fur et à mesure que j’apprends. Je secouais la tête, le moment est mal choisit pour se poser ce genre de questions. La seule chose qui compte actuellement est de trouver à se nourrir. Je ne peux pas compter sur les autres, seulement sur moi. Ce ne sera pas chose difficile, j'ai toujours fonctionné ainsi, ne me souciant pas des autres équidés, vivant solitaire, à l'écart des conflits du troupeau.
Je clignait des yeux. Une pousse dépassait de derrière le cadavre. Avec prudence, et après avoir vérifié que personne ne me regardais, je m'approchais, le museau tendu, attrapant délicatement la jeune plante qui avait survécu à l'abri du cadavre. C'était peu, pourtant cette herbe avait un gout extraordinaire. Absorbée par ce délicieux repas, je ne vis pas l'autre équidé s'approcher, et n'eut pas le temps d'éviter les sabots qui heurtèrent ma mâchoire. J'avalais rapidement l'herbe, et crachait le sang qui avait coulé dans ma bouche. L'animal me regarde d'un regard fou, il me fait peur. Je n'ai déjà pas l'habitude de vivre avec un groupe, mais cette folie qui semble en plus toucher les chevaux affamés m'effraye d'autant plus, me dégoutant de cette vie de troupeau. Je reculais. Les autres survivants s'étaient retournés, j'en reconnais quelques uns, notamment cet étalon alezan que j'ai déjà rencontré par le passé et qui est arrivé à la faille avant moi. Je détournais le regard, et évitait un coup de dents qui visait mes naseaux. L'animal affamé me regardait avec tant de haine, et de folie dans son regard. Je m'éloignais rapidement, allant me réfugier parmi les autres équidés du troupeau, me cachant dans le groupe, juste assez pour pouvoir en même temps observer la scène. L'animal s'approcha du cadavre, et le déplaça sans ménagement, à la recherche de plus d'herbe. D'autres chevaux s'approchèrent, et un violent combat s'engagea. Un combat pour manger. Un combat pour vivre.





Ice Wing se tenait à l'écart du groupe d'équidé. Les bruits de combats, les cris de douleurs et l'odeur du sang lui parvenaient trop distinctement. Les oreilles en arrière elle continua à avancer, suivant à distance d'autres équidés qui ne s'étaient pas arrêtés pour observer le combat. Tous ses sens étaient en alertes. elle n'avait pas mangé depuis plusieurs jours. Le simple fait d'avoir survécu jusqu'ici était extraordinaire pour elle, mais désormais cela ne lui suffisait plus. Elle ne pouvait pas mourir maintenant, pas après avoir parcouru tout ce chemin, pas après avoir survécu à tant de choses. Quand ce n'était pas la faim qui la tenaillait, c'était cette peur profonde de disparaître qui lui permettait de continuait à avancer, qui la poussait à aller de l'avant. Ses sabots foulaient un sol autrefois verdoyant, qui désormais était couvert de poussière et de cendres, de sang et de l'odeur de la mort. Plus rien ne poussait. Les quelques arbres restant étaient morts, et plus aucune feuille ne se balançait au bout de leurs branches noircies. Des cadavres jonchaient le chemin, les prédateurs étaient déjà passés par ici. Eux aussi avaient faim, et chaque soir lorsque les équidés se reposaient ils entendaient leurs hurlements qui se rapprochaient dangereusement, et chaque soir ils se remettaient en route sans s'être reposés correctement, poussés par la peur de mourir sous leurs crocs affamés. Ils fatiguaient. Mais ils ne pouvaient se permettre de s'arrêter, plus maintenant.
La jument grise trébucha. Elle tenta de garder son équilibre, mais déséquilibrée elle bascula vers l'avant et heurta le sol, soulevant de la poussière. Elle essayait de se relever, mais l'un de ses sabots était coincé dans quelque chose. Elle inspira et l'odeur de la mort emplit ses naseaux. La panique la saisit, et elle se releva, voulant s'éloigner. Elle n'avait pas compris que c'était sur un cadavre qu'elle était tombée. Son sabot, coincé entre deux côtés l'empêchait de se relever. Prenant appui sur ses autres jambes elle essaya de se soulever, écrasant la chair putréfiée. Un craquement retentit quand l'une des côtes du cadavre cassa, libérant son sabot. Elle fit un bond en avant, son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine tant il battait fort. Elle galopa sur plusieurs mètres, manquant heurter des équidés au passage, qui la fixaient de leurs regards vides. Lorsqu'elle s'arrêta, elle sentit la présence d'un autre équidé face à elle. Elle se détourna et passa à côté de lui. Sa respiration était haletante, la faim la tenaillait encore plus, l'odeur de la mort était partout sur elle, comme un signe annonciateur. Un peu plus loin elle s'arrêta. Le vent ne charriait aucune odeur autre que celle des cadavres. Ne restait-il donc rien sur ces terres qui vaille la peine de continuer à avancer ? Ou était la nourriture ? Quelles chances avaient-ils donc de survivre ?


Ô Dieux ingrats, à quel jeu malsain jouez vous donc avec nos vies ?


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Les équidés passent une nouvelle étape. Après la destruction des terres, il leur faut désormais survivre, mais la mort est déjà passée avant eux. Il ne reste plus rien, et les conflits éclatent dans le groupe de survivants.
Dans ce topic, vous n'avez pas de lignes minimum. Mais les pavés ne sont pas non plus nécessaires. Vous pouvez poster autant que vous souhaitez. Laissez votre imagination s'exprimer et si vous avez des réclamations / idées, pour l'évent, demandez / proposez à un administrateur / modérateur. Sur ce, je vous souhaite un bon jeu sur Life Horse, et une belle apocalypse ! =)



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Lune rouge
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MessageSujet: Re: « Tout ce qui sera. »   Ven 28 Déc - 20:33

Moonred...
"On ne comprend sa chance qu'une fois qu'elle est perdue..."


Appuyée de tout son poids contre Shades, Moon ne faisait plus attention à rien. Aucun des combats pour la nourriture ne lui parvenaient. Pas plus n'arrivaient l'horrible odeur de mort. Elle la connaissait trop pour s'en soucier... Non... Tout ce qui l'emportait c'était ses petits. Ils étaient deux... Encore pire. Oh oui elle avait faim. Oh oui sa conscience et sa raison s'étaient envolée. Oh oui, elle se serait battue sans hésiter pour manger. Mais elle était trop faible. Et puis, malgré tout, une bride de principe restait. Une bride de mémoire. Tuer pour manger ne servirait à rien. Ce n'était pas pour elle qu'elle voulait manger. Mais pour les deux vies à l'intérieur d'elle. Les deux vies qu'elle se savait incapable de protéger si un combat éclatait entre elle et un autre. Shades ne pourrait pas faire mieux. Aucun ne le pourrait.
Elle qui détestait se mêler ainsi était dans le groupe. Serrée contre les autres. Poussée. Bousculée. Le son de chocs entre deux corps lui parvint. Mais qu'est-ce qu'elle s'en moquait. Franchement.
Des corps jonchaient le sol autours d'eux. Devant eux. Ils traversaient des champs de cadavres. Une jument de robe noire fut attirée par l'un d'eux. Les autres continuèrent. Ne voulant laisser personne à la traîne. Elle ralentit légèrement. Sans s'arrêter toutefois. Croyant que personne ne l'observait, la jument attrapa quelque chose, que la baie reconnut comme de l'herbe, de l'autre côté du cadavre. Mais brutalement, elle se fit attaquée par un autre équidé. Accompagné lui même d'autre encore.
Si elle n'avait rien fait pour grappiller quelque brins, c'est parce qu'elle n'en avait pas la force. S'engager dans le combat qui se profilait à l'horizon n'aurait fait que l'achever. La noire saignait. L'odeur du sang frais était présente autour d'elle. Le sang flottant dans l'air était ancien. Permettant de faire la différence.
Le groupe s'arrêta pour regarder et elle aperçut Shades au milieu de la cohue. Sentant les ennuis enfler à plein nez, elle décida de s'éloigner. Quitte à se retrouver seule. Elle était tout à fait capable de survivre ainsi. Ce serait même mieux. Les risques de combats, forcément mortels dans son état de santé, amenuisés. Un craquement sonor la fit tourner la tête, mais elle ne vit rien. Ses yeux aussi fatigués que le reste de son corps. Au dessous d'un cadavre, une odeur alléchante lui parvint. Immédiatement, elle tourna la tête dans cette direction. De l'herbe ! La faim remonta de ses entrailles pour venir brûler sa gorge. Comme une grande soif. Sa carcasse décharnée hésitait entre allait manger et rester ici. Tout son corps et son être lui hurlait d'y aller. De se nourrir enfin. Mais un instinct en elle lui criai le contraire. De rester ici. Cet instinct était facilement reconnaissable. L'instinct maternel. Le danger irradiait de cette petite pousse. Un mauvais danger, bien que tout danger sois mauvais, très mauvais. La salive lui monta à la bouche. Faim. Faim. Faim. Comme hypnotisée, elle commença à se diriger vers cette nourriture si belle. Un hennissement la ramena quand même à la raison. Un étalon noir. Le même que la dernière fois à la faille. Celui qui semblait maître de lui même en toute situation. Elle le remercia d'un regard et ferma les yeux en se détournant. Eloignant la tentation de son cerveau affamé.
L'odeur était forte. Puissante. Alléchante. Dur d'y résister. Il lui suffisait de seulement faire quelque pas, tendre le cou, et manger. Enfin manger. Non... Si... Non ! Si !
Des naseaux sur son épaule la firent ouvrir les yeux et tourner la tête. Et surtout se concentrer sur autre chose. L'étalon noir s'était approché. Son regard emplis de sagesse et de compréhension la réchauffa. Il l'aidait. Dans cette tourmente. Là où plus aucune nourriture ne se montrait. Là où la loi du plus fort régnait. Là où la mort prenait place. Là où l'horreur en personne venait passer des vacances.
En cet endroit mort, désespéré. Rempli de cadavre. De restes. De longues mares de sang remplaçaient l'eau si pure et limpide. Le sol sec et stérile envahissait les prairies vertes et juteuses. Des squelettes partout. Des corps en cours de décomposition. Des cheveux, des loups, des oiseaux, des biches, des renards,... Tout y passait. Les jeunes. Les vieux. Les malades et les faibles. Ainsi que les mère. Surtout les futurs mère, comme elle. C'était tout d'abord tout cela qui y passaient. Ensuite les autres. Les forts, en bonne santé, avec tout leur moyens. Bien qu'aujourd'hui, ils étaient tous faibles et malades. Aussi décharnés que les vieux et chétifs que les jeunes. Aussi bloqués dans leur mouvements que les blessés ou les futurs mère. Tous avaient le poil ternis. Les crins sales et emmêlés. Le corps couvert de sang. Autant du sien que d'un autre... Le ciel était noir. Ou gris. Mais plus d'un beau bleu rêveur. La terre se mutilait de toute part. S'ouvrant d'horribles plaies sanglantes et puantes. Emplies de putréfaction pure. La mer et l'océan se fracassaient contre les rochers. Se blessant autant que les falaises contres lesquels ils courraient à en perdre haleine. Le vent hurlait. Il hurlait sa douleur. Ses blessures. Sa révolte. Son chagrin. Le feu dévorait. Prenant une ampleur plus qu'effrayante à chaque secondes.

L'étalon lui fit un signe qu'elle comprit. "Mange. Je te protège." Il se sacrifiait pour elle. Pour eux. Pour celle qu'elle était et qui ne put donner qu'un triste sourire en remerciement. Décidant de ne pas blesser cet allié, elle alla aussi vite qu'elle pouvait se le permettre. Ses dents cisaillant à peine l'herbe.
Cela fait, elle se redressa rapidement et partit d'un petit galop. Toujours accompagnée de l'étalon. On aurait dit une tueuse s'éloignant d'une scène de crime. Quelle ironie. Elle était une tueuse. Bien que d'habitude, elle ne s'enfuyait pas et tuait aussi de bon coeur ceux qui arrivaient.
Une pointe se logea dans son coeur. Et la sensation de trahir Shades ainsi s'ancra si profondément en elle qu'elle faillit s'arrêter pour se retourner, alors que des bruits de lutte retentissaient déjà à l'endroit où elle s'était tenue. Elle l'avait échappée belle. A peine deux foulées de faites que la horde d'équidés affamés se jetait sur les restes de celui ou celle qui avait, un jour, couru à leur côté. Finalement, elle ne s'arrêta pas, mais tourna la tête de façon à voir son roux. Elle voulait hennir pour le prévenir...
Sans s'en rendre compte, Moon avait ralentit. Ce fut un léger coup de tête dans son épaule ainsi qu'un souffle qui l'empêcha de s'arrêter complétement.


"Avance !"

Le coeur déchiré de devoir abandonner son compagnon. Ainsi que tout ceux qui comme elle n'avait pas la force de se battre pour survire. Elle se reconcentra sur le paysage devant elle. Un horrible sentiment de manque se faisant déjà sentir.
Shades...

S'ils existaient, les dieux n'étaient qu'un ramassis d'ordures !


Automne noir...

"Je suis peut-être déjà condamné comme chaque être en ce monde, mais ce n'est pas pour autant que je laisse les autres mourir avant l'heure.
Alors, lorsque l'heure se force, je ne les abandonne toujours pas !"


Tout ces chevaux... Ces êtres vivants... Morts. Ou presque. Seul de l'entraide nous permettrais de survivre. Je savais qu'avec l'estomac vide s'était compliqué de penser ainsi. Mais que l'on ne vienne pas me dire qu'à un point la raison se perdais ! Non ! Il y avait toujours de la raison. Toujours. C'était la volonté qui faisait la différence. La volonté d'écouter sa conscience. La volonté de ne pas faire survivre que sois-même. La volonté de surmonter. C'était trop facile de se laisser faire comme ça. De prendre l'excuse de la faim pour laisser son être profond sortir. Comme tous ceux. Là. A tuer rien que pour un brin d'herbe ! Je sentais une rage sourde m'envahir à chaque combats se déroulant sous mes yeux. Dans mes oreilles. A porté de mes sens. Rien que cette jument noire, n'ayant même plus de peau à poser sur ses os, qui venait de se faire envoyer valser pour une touffe sous un cadavre ! Elle saignait. L'odeur le montrait. Pour qui y prêtait attention. Moonred l'avait sentit aussi. Une autre jument, plus loin du groupe, dégagea son sabot d'une cage thoracique avec un craquement sinistre. Elle aussi était maigre... Comme tous. Et oui. Même lui commençait à sentir son corps fondre. Mais il avait encore assez de force pour enfoncer une boîte crânienne. Pas de méprise. Il souffrait de la faim lui aussi. Il était plutôt costaud. Ce qui lui permettait de garder une apparence à peu près potable niveau maigreur. Même si son pelage était aussi terne et crasseux que celui des autres. Ses crins aussi sales et emmêlés. Sa capacité à réfléchir, elle, restait normale.
Moonred se détacha soudain complétement du groupe pour s'approcher d'une carcasse. Elle avait sentit l'herbe en dessous. A quelques pas seulement, elle s'arrêta. Réprimant sa faim grandissante pour sauver ses petits. Un combat lui serait fatal. C'était plus que sûr. Comme pour beaucoup d'autres. Ce qu'il s'apprêtait à faire, il en aurait fait de même pour un autre.
Il s'approcha doucement et posa son nez contre l'épaule saillante de la jument. Elle ouvrit les yeux et le regarda. Un silencieux accord se passa entre eux. Tandis qu'elle mangeait rapidement, il montait la garde. Son regard fut irrémédiablement attiré par cette jument noire qui avait découvert une pousse sous un cadavre. Elle était à surveiller selon lui. Il garda quand même un oeil sur les autres. Prêt à agir en cas de nécessité. Derrière lui, Moon finit son "repas" et partit au galop. Il la suivit immédiatement et eut bien raison de le faire. La seconde suivant, une horde de cheveux sauvages se jetait sur le corps. Ils étaient devenus vraiment sauvages. Seul l'instinct dirigeait.
A côté de lui, sa protégée tourna la tête. Elle cherchait certainement son compagnon du regard. Peine perdue... Au milieu de tout ce fracas de corps, elle ne le trouverait pas. Hélas, elle se mit à ralentir inconsciemment. Voulant la sauver avant tout, il lui donna un coup de tête dans l'épaule en lui soufflant d'avancer. Elle l'écouta et repris son galop. Il regarda à son tour dans leur dos... C'était égoïste... Ainsi il ne pourrait veiller sur d'autre... Lui aussi était face à un dilemme. Contrairement à Moon, il pourrait aisément survivre au milieu du groupe déchainé. Mais il l'avait cherchée. Y mettant tout son corps. Son âme et sa vie ayant été perdue il y a bien longtemps... Elle était sa priorité. Mais il pouvait faire quelque chose. Il lança un hennissement. Un appel. Celui qu'il lançait à ses soeurs lorsqu'ils se cherchaient. Voulaient se retrouver. Beaucoup ne le comprendrait pas. Il était spécial. Mais certains le suivrait. Il espérait secrètement que la noire, celle à l'écart du groupe qui s'était prise dans un cadavre, l'étalon roux de Moon et quelques autres qu'il avait repérés, le comprendrait. Et arriverait. Il ne récupérerait pas son âme et sa vie ainsi. Il en sauverait.

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Moonred, la mort est mon seul réconfort...

Automne noir, le dernier de son temps...
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Shades
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MessageSujet: Re: « Tout ce qui sera. »   Sam 29 Déc - 0:36

« Shades. »

On doit continuer. Coûte que coûte. Le monde tout entier nous engloutit sous une vague de sécheresse et de famine, de désespoir et de peur. La Terre, notre créatrice, nous assassine à l'aide de ses armes : les quatre éléments. On pourrait croire qu'elle a cessé de tourner, et pourtant, elle continue. Elle est comme tous ces équidés : elle persévère encore et toujours.

Comment peut-il seulement garder la tête haute ? Sa carrure imposante, sa posture dominante et son air noble ne le quittent pas. Shades reste lui-même, ne doit pas laisser tomber, il ne peut pas abandonner. Il marche, et voit sa femelle, son appui et son appuyée. Moonred est collée à lui, elle doit protéger leurs enfants. On la bouscule, on la pousse, on la force à avancer... Combien de fois Shades dût-il envoyer les dents pour calmer les chevaux qui brusquaient la femelle gestante ? Celle-ci se détacha finalement de Shades, et celui-ci poussa un tout petit hennissement pour la rappeler à lui. Il eut un pincement au cœur et commença à bousculer les nombreux équidés qui avançaient sans se soucier du fait qu'il tente de rejoindre sa belle. Il ne dormait plus, était épuisé. Si il avait le choix, il se laisserait tomber à terre, fermerait les yeux et se laisserait partir. Mais son devoir est celui de rester là pour elle, de rester là pour eux... Il ne quitte pas Moon des yeux, mais voit le grand mâle noir, ce mystérieux frison, qui l'empêche de signer son arrêt de mort. Shades soupire, il a confiance en cet étalon. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu'il aide Moon, et qu'il l'aide lui aussi en faisant un tel acte. Il reprend sa marche, un peu anxieux, se disant malgré toute sa peine et son angoisse que Moon n'est pas seule, qu'elle est en sûreté avec... avec qui d'ailleurs ? Peu importe son nom, avec ce étalon suffira. Un sage... Mais ce qu'il voit bientôt est une simple abomination : sous la famine, la gentille jument qu'il avait rencontré quelques mois plus tôt se trouvait agressée pour... avoir mangé. Il ne laisserait pas quelqu'un faire de mal à ses proches. D'un bond, il se fraya un passage étroit entre les chevaux pressés, les bousculant tous... Jument, ce nom... Jument, un simple petit nom qu'il lui a donné. Elle est retournée dans le troupeau, fuyant le combat qu'engageait un abruti. Pour une jeune pousse. Une pauvre et petite jeune pousse. Il cabre sur le mâle et envoie ses sabots. La faim, la haine, la peur, la protection, l'anxiété, l'angoisse, le courage, la rage, la famine... Tous ces sentiments se mêlent. Et bientôt vient le plus beau et le plus grand de tous : l'Amour. Ses antérieurs frappent l'étalon qui s'acharne sur le cadavre, à la recherche d'une brindille. N'a-t-il donc pas brusqué son amie, ne l'a-t-il donc pas blessée ? Des traces nettes se dessinent sur le poil de l'étalon, qui bascule sur le côté. Titubant, trébuchant... il se redresse, ronfle et regarde Shades dans les yeux. Tous deux se jettent l'un contre l'autre ; leurs poitrails musclés se touchent, s'entrechoquent tandis que les deux étalons s'engagent dans un combat à mort...

Shades saisit l'autre aux naseaux et fut finalement repoussé par un coup de genou dans son antérieur gauche. Quelques chevaux s'étaient arrêtés pour les regarder se battre. S'entretuer. S'assassiner. Shades recule donc suite à l'attaque, mais ne lâche pas prise, si bien qu'il déchiquète l'un des naseaux du mâle, qui saigne abondamment. Le dominant des Braises ne voulait pas le tuer. Mais il n'avait pas le choix. Il ne l'avait plus. Il bondit sur l'autre, toutes dents dehors, après avoir reçu un coup de sabot dans son postérieur gauche. La douleur... Il s'efforçait de l'oublier... Ses dents claquèrent, se refermèrent sur l'arcade de l'autre... Shades recula, blessant d'autant plus son postérieur, le râpant contre un rocher pointu. Il tira jusqu'à sentir le poids de son ennemi tomber à ses sabots. Il était mort...

Honteux et fier à la fois, Shades rejoignit le troupeau et s'approcha de "Jument".

« Ça va ?, demanda-t-il. Je t'ai vengé. Cet étalon a eu ce qu'il méritait... »

Pensif, il attendit une réponse. Tant de réponses qu'il attendait... Où était Moon ? Qui était ce mystérieux frison ? Pourquoi la Terre se déchainait-elle ? Comment survivraient-ils ? Il n'avait pas mangé depuis longtemps, la fin le tiraillait... Pourquoi, pourquoi ?...

« Apocalyptic. »

Des fous. Partout, des fous. Par centaines, par milliers. Non, non... Par milliers, ce sont les cadavres. Je dois lever mes sabots un à un pour ne pas trébucher dessus. On se bouscule. De vraies bêtes sans loi. J'en ai marre d'être bousculé. Mes sabots se dérobent sous moi, et j'envoie une grosse ruade en arrière. Une mâchoire craque et je souris en entendant un bruit d'affalement derrière moi. Sous un rocher, je vois un cadavre de cheval écrasé sous la pierre géante, et quelques brindilles. Je bourre tout le monde et happe les brindilles. Je n'ai pas peur. Un étalon s'élance vers moi. Je cabre, je le frappe, je l'envoie bouler. Il ne meurt pas mais fuit comme il peut. D'autres se battent. Mais moi je mange. Dès que j'en vois deux se battre pour un brindille, je me faufile derrière eux, happe la raison de leur combat et m'en vais comme je suis arrivé. Discret, invisible... Pas bête, hein ! Dès qu'un cheval broutait, moi, le grand Apocalyptic, le pousse à terre et mange à sa place. Puis je m'en vais comme je suis arrivé. Un lâche ? Non, juste malin. Pas Malynx le lynx, mais malin. Très malin. Trop malin. Je n'ai pas peur de tous ces lâches, ces idiots... Je suis le meilleur, je le sais !

« Isba. »

Comme le temps a passé vite. Si longtemps que je ne suis pas venue. Des corps, des cadavres, partout. Et je n'ose imaginer ce qui se cache derrière ces collines, au loin. Où est passée cette terre magnifique ? Je le savais ! Voilà, je m'absente quelques mois et POUF ! Il y a des catastrophes naturelles ! Ben oui, il fallait faire un auto-da-fé, fesser les gens en cadence avec une musique de cirque et danser pour les dieux. Oui, tout ça pour qu'ils nous rendent la plus belle des déesses... Moi ! Et pour que la Terre tourne normalement, sans faire boum boum partout sur cette terre maintenant stérile. Les flammes, la faille, le vent, la glace, la terre.. Les éléments se déchainent. Alors je suis les autres dans leur marche. Venant de loin, là où il y avait à manger, je vais bien. Ne croyez pas que je vais me laisser abattre si facilement ; la Terre ne m'impressionne pas !

[Isba et Apo' désolée c'est court mais j'avais pas beaucoup d'inspi et je suis crevée x)]

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« Shades. »



Mon Psychopathe ♥ :
 
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Cato.
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MessageSujet: Re: « Tout ce qui sera. »   Mer 2 Jan - 17:57

    ♠ N'ayez pas peur de la mort puisque ce n'est que suite de la vie.

    La mort... Elle est partout. Les néants aussi, pas moyen de les éviter. Les éléments se déchainent, s'enchainent, tout est obscur, en feu, et tout ces êtres vivants en larmes, ayant peur, ayant de la folie dans le regard. De la folie... C'est vraiment ça.

    La folie, une fois qu'elle vous atteint, c'est pour la vie, elle reste toujours ancrée en vous, elle dort & se réveille dés que ça se complique, dés qu'il faut fuir la réalité. Elle se fige dans vos veines, derrière vos paupières, da,ns le creux de vos reins, au plus profond de vous... Il est même possible qu'elle vous tue. La preuve, tout ces cadavres qui juchaient le sol. Des milliers de chevaux sombrant dans la folie. La plupart seront morts écrasés par des fous, et puis il y a ceux qui ont courus jusqu'au bout de leur vie, croyant que fuir était la meilleure solution. Et certains... Tout simplement sont morts de faim. Mais pas lui. Lui avait de la chance, il venait d'arriver sur ces terres dévastées, il ne souffrait pas encore de la faim ni de la soif qui gagnait tout ces équidés. Non il ne souffrait pas, & ça se voyait à son allure, son poil était luisant, ses yeux brillants, son regard vif, et son corps... N'avait pas perdu ne serais-ce qu'un kilo de graisse ou de muscle. Les autres chevaux l'avaient surement remarquer, mais en même temps quel fou serait venu sur ces terres alors qu'elles étaient en train d'être détruites par les éléments? Lui même ne savait pas pourquoi. Lui, il aurait pu se moquer de tout ces chevaux affamés, retourner vers ses anciennes terres, sauf qu'il n'en avait pas. Lui avait toujours été un vagabond. Il voguait d'est en ouest, du nord au sud, rencontrant et abandonnant des autres équidés, sans même se retourner, sans remords, sans souffrances. Lui? Cato. Nom bizarre il faut se l'avouer, mais il était tout trouver d'avance. Cato, c'était un petit étalon, pas si frêle que ça, mais petit de taille. Il avait peut-être une robe très claire, mais il avait un coeur très sombre, voir le plus sombre. Non pas de méchanceté, mais d'indifférence. Il était indifférent à tout, sauf à lui même, égoïsme surdimensionné. Le jeune étalon était nouveau ici, il ne connaissait rien ni personne et pourtant avait trouver un groupement qui l'interessait pas mal, enfin, qui l'intriguait. Ils se distinguaient de tout ces fous qui galopaient, la peur était palpable, mais ils se controlaient un minimum. Figé sur ses 4 membres dans une posture un peu trop fière, il observait ces chevaux. Une scène se déroula sous ses yeux. Une jument tenta de machonner une brindille d'herbe, herbe? Pas si sur... Elle se fit chôter par un fou furieux. Cato ne broncha pas car un male fut vite sur l'assaillant et ce petit cheval valdingua et finit mort, parmis les autres cadavres. L'alezan renacla, c'était inutile de le tuer, le quôta de mort était déja assez élevé. Il ne dit cependant rien de ce qu'il pensait, mais il retennait ce geste de la part de cet étalon. Il essayait de comprendre la relation entre la jument & lui. De l'amour? Non... Enfin... Pour Cato, l'amour c'était un sentiment humain et qu'une fois animal, c'était une histoire de survie de l'espèce. Oui il peut y avoir des affinités, mais pas le grand amour. Mais peut-être qu'un jour on lui prouverait le contraire, ce n'était qu'un gamin.

    Quelques brindilles se trouvaient à côté de Cato, et il le remarqua seulement maintenant. Il redressa la tête et vit le regard fou d'un étalon qui chargeait sur lui pour lui voler "sa" nourriture. Mais l'alezan s'en moquait, il renacla, les oreilles en arrière et évita avec agilité l'étalon. Cato fit demi-tour et fit face à l'étalon qui revennait sur lui. Il se cabra, agitant ses membres et en ayant l'air menacant. L'étalon s'arreta. Cato retomba avec une grâce bien à lui et fit signe de la tête. Il indiquait à l'étalon qu'il pouvait manger. Il parut surpris mais ne se fit pas prier et fonça tel un affamé. Les autres allaient surement le prendre pour un fou de laisser de la nourriture comme ça mais il s'en moquait, lui ne mourrait pas de faim, pour l'instant. Il toisa l'étalon alezan, se demandant s'il allait réagir à cet acte, mais il se détourna vers la jument grise, mais n'y jetta qu'un regard furtif avant de regarder les alentours. Les cadavres.. Trop de morts. Le jeune étalon sentait son coeur battre, il profitait de cette sensation, chaque battement... Car peut-être que dans quelques heures, quelques jours, il ne les sentirait plus. 3 autres chevaux retinrent son attention, une noire, un noir et une jument baie. Pourtant le seul qu'il vit arriver par après, c'est cet étalon, l'air trop sûr de lui, ayant surement trop de fierté ancrée en lui, déboulé près des autres. Immobile, Cato l'observa du coin de l'oeil. Il était surement le plus jeune dans les alentours, du coup il ne s'imposait pas, et laissait les choses se faire. Il restait un peu isolé, pour observer en silence ceux qui allaient surement décidé de son rôle à jouer.
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MessageSujet: Re: « Tout ce qui sera. »   Lun 11 Mar - 20:06

[Je tiens à m'excuser si certains de mes mots ou phrases dans mes précédents post sont... étrange faute d'un meilleur mot.]


Automne noir & Moonred

Qu'est-ce que la fin du monde ? Existe-t-elle vraiment ?
Il y a beaucoup de théories là-dessus.
Ragnarök, le crépuscule des dieux. Une fin du monde.
Il y a toujours une fin. "People always leaves"One tree hill, Peyton Scott Tout le monde part un jour. Pourquoi pas le monde alors ? Il est détruit un peu plus chaque jours. Autant par les hommes que par lui-même.
On ne voit pas toujours la fin arriver. On peut-être surpris brutalement, préparé. Quoi qu'il arrive, il n'y pas de retour en arrière. Lorsque l'on part, c'est qu'il est temps. En tout cas, c'est ce qu'il est possible de penser. Mais, est-ce vraiment le cas ?
Des religions imaginent que l'âme va soit au paradis soit en enfer, qu'elle se réincarne, ou ère dans le monde.
Déjà, qu'est-ce que la mort ? Notre coeur qui s'arrête, ne faisant plus circuler le sang et donc l'oxygène dans notre corps. Provoquant l'arrêt de nos autres organes, notamment du cerveau. On est mort. Il y a aussi la mort par arrêt d'activité du cerveau. Mort cérébrale selon les médecins. Voilà la mort. Physiologiquement. Et l'âme ? L'esprit ? Si on a une âme. Mais ce n'est pas le sujet.
Mourir peut être perçu comme une délivrance. La délivrance d'une dure vie.

Et lui, il le prenait ainsi. Après une aussi longue vie.... Il pouvait passer pour un cheval "super héros" avec des "supers-pouvoirs". Un arrogant que rien ne touchait. Le super sauveur. Il n'était rien de tout cela.
Mourir serait une délivrance. Il n'avait presque plus rien à perdre. Il voulait, espérait, réunir les membres restants de leur famille avant de mourir, mais s'il décédait avant, ce ne serait pas grave. Il avait assez vécut. Assez rit. Assez pleuré. Il avait fait son temps. Il avait un but qu'il tenterait quand même d'atteindre. Il voulait l'atteindre, juste que s'il mourait avant, il ne souhaiterai pas retourner en ce monde afin de toucher.
Moonred ne devait très certainement pas penser comme lui. Elle traînait, ne voulant abandonner les autres. Chacun pour soit. Une loi que Moon ne semblait appliquer que pour que ses poulains survivent. Il savait bien qu'elle n'était pas un modèle de gentillesse, d'honnêteté, de douceur. Elle était sombre, manipulatrice, et avait prit goût au sang. Froide, sans coeur, voire même égoïste. Du moins en apparence. Il restait un bon fond dans un coin. Ressortit pour l'instant.
Il n'aspirait qu'à ce qu'elle s'en sorte en vie, les autres... Il était bienveillant, mais il était aussi un chef. Même avec l'habitude, des choix comme ceux-ci restaient compliqués.
Il avait fait son choix. Et comme à chaque choix de ce genre, lorsqu'il avait choisit, il se transformait en machine à calculs tuant, abandonnant, ignorant. De glace. C'était le seul moyen de ne pas flancher.

Un ronflement le sortit de ses pensées. Il tourna la tête vers la baie qui avançait à ses côtés. Elle lui lança un regard pénétrant, un abîme sans fond. C'était juste deux iris d'un noir profond, indissociable de la pupille. Remplis d'émotions invisibles. Pas comme un regard sans vie. Insondable. Indéchiffrable. Comme une nuit sans lune, juste du noir. Il ne fut nullement gêné de ce regard, le connaissant par coeur. Il se contenta de regarder à nouveau devant lui. Les arbres étaient proches, très proches. Une ou deux foulées très vites parcourues. Ils pénétrèrent sous le couvert des feuilles, passant du désespoir avec une pale lumière jaunâtre à une sombre pénombre apaisante. C'était comme changer de monde, entrer dans un lieu préservé de l'horreur du dehors.
C'en était... Magique. Plus ils avançaient, plus les arbres se couvraient de feuilles. D'abord sèches et mortes puis de plus en plus vertes et vivantes. Lorsque le sol sec sous leur sabot se transforma en jeunes pousses d'un vert éclatant, Moon pilla net. Hébétée. Lui se stoppa plus tranquillement quelques mètres plus loin. Il tourna la tête vers elle, l'attendant.

"Je... Qu'est-ce que... Elle fixait l'herbe, complètement stupéfaite, elle finit par relever la tête vers lui. Visiblement au courant. Qu'est-ce que cette herbe fais ici ?"

Il soupira. Dans ces situations, l'espoir est ancre. L'ancre qui retient encore dans le monde. Dès qu'il peut s'infiltrer, il arrive et s'insinue dans les failles, ressemblant plus à une venin qu'un antidote. Il se met à se répandre, coulant entre les murs brisés, détruisant ce qu'il en reste. Conduisant à la folie. La folie pure habitant les condamnés.
L'espoir n'est pas que salvateur. Il est parfois bien pire que son cher yang. Le désespoir.

L'étalon noir balança la tête de droite à gauche avant de la tourner vers une direction dans l'ombre entre les arbres maintenant redevenus de véritables remparts de troncs, de feuilles et de mousse.
Sans qu'une parole ne soit émise, la compréhension se fit. Un noeud dans l'estomac, elle se dirigea vers la zone indiquée. S'il y avait de l'herbe, il y avait de l'eau. Si les arbres étaient aussi vivants, c'est qu'ils était hydratés. Mais alors, un coin aussi beau et luxuriant... Il ne pouvait être là sans qu'il n'y est un obstacle.
Elle avança doucement, profitant de la caresse de l'herbe sous ses sabots, ayant marché sur une terre aride beaucoup trop longtemps à son goût. Elle avait la tête haute, étrangement, elle se sentait revenir. Ces derniers jours, elle était devenue une sorte de mort vivant. Elle s'était sentit sombrer. Couler lentement. Seule de léger mouvement, plus des effleurements, à l'intérieur d'elle la maintenait à flot. Mais tôt ou tard, comme tout les autres, elle aurait plongé. Pour peut-être ne jamais remonter.
Shades... Il était resté là-bas. Mais ils ne seraient pas très loin l'un de l'autre. Elle sentait que le vieil étalon noir ne la sauverait pas seule. Malgré qu'il est été un chef. Un chef fait des sacrifices. On ne peut sauver tout le monde. Un chef est impartial. Il doit bien souvent trancher entre deux. Un choix difficile. C'était plus qu'évident qu'il avait été amené à cela. Pour qui savait observer, il n'était pas si difficile de savoir quel étalon il était. De quel "type" il était. Elle s'enfonça dans la masse d'ombre, ne voyant que par un ou deux rais de lumière sur une racine. Comme un tunnel. Un tunnel menant à une bien triste scène.
Une clairière. De la lumière par le centre, là où les branches, même en s'étendant à leur maximum, ne parvenaient à se rassembler, nouant une voute. Et, ce qui expliquait l'herbe. Un ruisseau. Voire une petite rivière. Avec un cadavre transpercé d'une aiguille rocheuse en plein milieu. Une horreur.

Le sang n'était déjà plus. Ca devait faire au moins une petite semaine qu'il était là vu l'odeur nauséabonde. Pestilentielle plutôt. Autour du corps, des bulles gazeuse et de l'eau trouble. Digne des plus beaux marécages ! A aucun endroit l'eau n'était claire et limpide. Ou même simplement propre à la consommation. Elle infestait la mort. La végétation avait réussi à se développer. Peut-être était-elle là avant. Mais... Avec la mort s'écoulant en elle depuis une semaine, elle devait elle aussi être immangeable. Quoique, Moon ne s'y connaissait pas assez en plante pour être certaine. Dans le bénéfice du doute, elle préférait ne pas goûter aux jeunes pousses pourtant si appétissantes.
Mais la faim la tiraillait. Elle se lançait contre les parois de son estomac, réagissant furieusement à la vue et l'odeur plus qu'alléchante à ses pieds. Il lui suffisait de baisser la tête... Juste de baisser la tête, d'ouvrir les mâchoires et de happer les si tendres brins.

Il s'approcha silencieusement. Il connaissait le spectacle. Il connaissait la tentation. Avait fait erreur d'y céder. Evitant soigneusement de se frotter à la jument, il se plaça à son côté. Un peu en avant. Il tourna la tête afin de lui montrer son oeil gauche. Elle ne l'avait pas vu correctement encore.
La réaction ne se fit pas attendre. Pas un muscle ne bougea. Seuls les yeux parlèrent.

Rouge. Elle voyait rouge. Noir. Rouge. Noir.
Un bourdonnement sans fin. Les sons altérés.
Une idée. Rien qu'une idée.
La plaine était un paradis à côté de ce piège. Une seule touffe d'herbe et c'était fini... Mourir de faim serait plus long... Et ils pouvaient s'en sortir. Mais pas s'ils avalaient cette herbe. En cet instant, elle n'espérait qu'une chose. Que personne ne les ais suivis.
Son appétit c'était immédiatement coupé. Maintenant, elle ne voulais plus que retourner se coller contre Shades et rassurer les plus peureux. Garder la tête froide. Mener derrière Shades. Elle n'aimait pas cela mais n'était pas assez forte pour survivre si on l'attaquait. Sa décision se prit en une seconde. Ce n'était pas un coup de tête, ç'avait été au moins autant calculé que lorsqu'elle planifiait un meurtre.

Un voile se posa. Puis un éclair. Froid. La brume se déchira pour laisser apparaître un puits glacé.
A peine une fraction de seconde, le temps de pivoter et de partir.

Un oiseau se posa sur une branche, un corbeau. Il regarda deux ombres. L'une noire l'autre brune. Deux ombres fendant l'obscurité pour la lumière rocailleuse du surplomb rocheux pouvant être appelé petites falaise. Il coassa en battant des ailes.

La clairière était vide, laissant le cadavre seul.

La folie pouvait être dangereuse, mais, comme l'espoir pouvait tuer, elle, elle pouvait les sauver. Revenir à l'instinct. Le vrai. Celui qui faisait s'entraider pour survivre. Celui des premiers chevaux sauvages. Et seul se perdre pourrait y mener.

Elle s'arrêta en dérapant légèrement sur les pierres. Reprenant rapidement son souffle, elle les regarda. Dans la plaine.
Un nouveau corps au sol. Shades plus loin. Avec une jument grise. Un alezan ne semblant pas souffrir de la faim observait la scène. Le désespoir planait.
Quoiqu'on en dise, même lorsque son oeuvre était mort, le désespoir était toujours bien meilleur que son yin lorsqu'il s'agissait de tuer.
Il fallait devenir fou pour s'en sortir. La limite entre fou et foule était infime. Comme entre l'amour et la haine. Mais rester fou sans devenir foule était la seule façon de s'en sortir. Elle le pensait... Peut-être se trompait-elle. Mais elle avait un allié de taille. Cet étalon noir avec elle. Il avait vécut. Il savait ce qu'elle voulait faire. L'avait déjà fait. En tant qu'ancien grand chef, il savait diriger. Pouvait se tromper. "Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompe pas." Mais lui, il aurait fait ainsi.
Quelle que soit l'issue, il allait mourir. Alors autant le faire en sachant qu'il avait, une dernière fois, tout tenté pour sauver des vies.


Un hennissement. Un long et retentissant hennissement. Un hennissement ressemblant à un cri. Un cri sans raison. Bientôt suivit par un autre. Comme le hurlement des loups. Des hennissement fous.
Il ne suffisait pas de le vouloir. Il fallait l'obtenir. La vie. Même si pour cela, il fallait en perdre l'esprit.
Le coassement d'un corbeau résonna. La mort acceptait de danser. Il suffisait d'entrer sur la piste
.


["Foule" et "fou" me viens du tome 3 de la trilogie Le Pacte Des Marchombres. Le cadavre dans l'eau de Pirate des Caraibes. Le trois je crois. La citation à la fin du texte était une phrase que disait souvent mon ancienne professeur de technologie lorsqu'un élève lui faisait remarquer une erreur où même qu'elle en faisait une. Une sorte de justification.
Je dit aussi que je ne veux pas faire passer mes personnages pour les grands sauveurs indestructibles et tout le reste, mais j'avance. Je laisse venir. Et si ça vient comme ça, ça vient comme ça.
On ne passe pas sa vie immobile. Sinon, on est un rocher. (Même dans un rpg.)]

___________________



Moonred, la mort est mon seul réconfort...

Automne noir, le dernier de son temps...
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